La prime de départ de près de 14 millions d'euros pour le directeur d'Alcatel-Lucent fait polémique

PARACHUTE DORE Pour services rendus en moins de trois ans...

20 Minutes avec AFP

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Michel Combes, le directeur d'Alcatel-Lucent le 6 juin 2015 à l'Assemblée nationale.
Michel Combes, le directeur d'Alcatel-Lucent le 6 juin 2015 à l'Assemblée nationale. — K. TRIBOUILLARD

Michel Combes quitte ce lundi Alcatel-Lucent, dont il était directeur général pour SFR-Numéricables avec un sacré pactole, révèle le JDD. Au total, ce sont 13,7 millions d’euros sur trois ans qui lui seront versés au titre de diverses primes en actions. Et

Il y a pour 4,5 millions d’euros de clause de non-cuoncurrence, 1 million de stock-options et 8,2 millions d’euros d’actions qu’il ne pourra vendre qu’entre 2016 et 2018.

« Rémunérations équitables »

C’est surtout cette dernière part qui pourrait faire polémique : en effet, le JDD explique qu' « à l’origine, les règles instituées par Alcatel ne l’autorisaient pas à les toucher. Mais elles ont été discrètement modifiées au cœur de l’été… » Interrogé par BFMTV, Stéphane Dubled, représentant de la CGT d’Alcatel-Lucent s’est insurgé : « est-ce qu’on peut considérer que c’est un travail exceptionnel davoir laissé 10.000 salariés sur le côté de la route ? », en référence aux suppressions de postes annoncées par le groupe.

Dans une déclaration transmise à l’AFP, la CFE-CGC estime que « Michel Combes devrait avoir l’élégance de renoncer à la majeure partie de ses indemnités », rappelant qu’il « a certes redressé le groupe mais cela s’est fait au prix d’un plan social d’une violence sans précédent ». Le syndicat se dit choqué par « le montant disproportionné, le départ anticipé de Michel Combes, la modification a posteriori des conditions d’attribution ».

Le Foll invite Combes à «réfléchir» à ses conditions de départ

Le groupe a justifié ces décisions auprès du JDD par la voix de son président Philippe Camus, qui estime que « ces rémunérations sont convenables, équitables et appropriés au redressement qu’il a opéré ». L’équipementier défend dans une déclaration sur son site internet qu’il ne s'agit pas d’une « prime liée à son départ » et défend le bilan du patron qui « a permis de multiplier par 6 la valeur de l’entreprise et l’a sauvée de la faillite ». Ce redressement s’est toutefois réalisé au prix d’une lourde restructuration sociale, puisque le plan Shift prévoyait 10.000 suppressions de postes sur 2013-2015, dont 600 en France.

Des premières réactions politiques se font déjà entendre ce dimanche. François de Rugy, l’ex-coprésident du groupe EELV à l’Assemblée s’insurge :

 

Dans l’après-midi, c’est Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, qui a demandé à Michel Combes, de « réfléchir » à ses conditions de départ. « Il faut toujours garder le sens de la mesure. Oui, il est nécessaire de récompenser ceux qui s’engagent et ceux qui, en partie, ont fait avancer les choses. Mais en même temps, cela ne peut pas se faire sans limite, sans principe », a déclaré le ministre, interrogé par les journalistes en marge de l’université d’été du PS à La Rochelle. Pour lui, le montant de sa future rémunération fait « polémique à juste titre ».