«Les baisses d'impôts ne sont pas obligatoirement une bonne nouvelle», estime Mailly

FISCALITE Le leader de FO a réagi à l'annonce présidentielle...

20 Minutes avec AFP
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Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.
Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly. — Kenzo Tribouillard AFP

Les baisses d’impôts promises par François Hollande ne sont « pas obligatoirement une bonne nouvelle », a déclaré jeudi le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, en regrettant l’absence d’une « grande réforme fiscale ».

« Est-ce que tous les moyens sont pris pour que la croissance s’amplifie ? Je n’en suis pas sûr avec la ligne économique qui est suivie », a aussi estimé Jean-Claude Mailly interrogé sur France Inter. Cette « promesse peut-être difficile à tenir en tout état de cause si la croissance n’est pas là », a-t-il ajouté.

Que « tout le monde » paye l’impôt sur le revenu

Mais l’annonce d’une baisse d’impôts « n’est pas obligatoirement une bonne nouvelle » : « Nous, nous réclamons depuis longtemps une grande réforme fiscale – ce qu’avait d’ailleurs annoncé le Premier ministre précédent Jean-Marc Ayrault, qui n’a pas eu lieu — qui remette au centre l’impôt sur le revenu », a-t-il expliqué.

« Je ne pense pas qu’annoncer d’une manière générale des baisses d’impôts soit la chose à faire en matière de fiscalité », a insisté le secrétaire général, qui s’est aussi dit favorable à ce que « tout le monde » paye l’impôt sur le revenu, « même si c’est de manière symbolique, quitte à baisser d’autres types d’impôts ».

Dans un entretien aux quotidiens régionaux du groupe Ebra publiée jeudi, le président de la République a promis de nouvelles baisses d’impôts pour les Français « si la croissance s’amplifie en 2016 ». En déplacement dans l’Isère, François Hollande a affirmé jeudi matin : « Il doit y avoir une croissance plus forte en 2016 », « il y aura donc des baisses d’impôts quoi qu’il arrive en 2016 ».

« Un pouvoir d’achat en berne »

Pour Jean-Claude Mailly, pour doper la croissance, il faudrait « jouer sur trois moteurs » : la consommation et les investissements privés et publics. Or avec « un pouvoir d’achat en berne », « la consommation est en panne », comme les investissements, a-t-il souligné.

« Du côté de l’investissement privé, nous disons depuis longtemps qu’il faut revoir le pacte de responsabilité » - « des aides énormes accordées sans condition aux entreprises », représentant « 41 milliards d’euros sur trois ans », a-t-il une nouvelle fois plaidé.