Gaspillage alimentaire: Le patron de Système U dénonce le coup de «communication» de Royal

REACTION Serge Papin était l'invité de RMC ce mercredi matin...

20 Minutes avec AFP

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Serge Papin, le patron de Système U, devant le siège de la compagnie à Rungis, le 21 avril 2008
Serge Papin, le patron de Système U, devant le siège de la compagnie à Rungis, le 21 avril 2008 — Joel Saget AFP

L'appel à la lutte contre le gaspillage alimentaire lancé par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal à l'attention de la grande distribution n'est qu'un coup de «communication», a estimé mercredi sur RMC le patron du groupe Système U.

Alors que le Conseil constitutionnel a censuré jeudi dernier les mesures de lutte contre le gaspillage alimentaire qui figuraient dans la loi de transition énergétique, Royal a enjoint les grandes enseignes de s'engager de façon volontaire et a appelé à une réunion sur le sujet le 27 août.

«Qu'est-ce qui lui prend?»

«On n'y peut rien» si les dispositions sur le gaspillage alimentaire ont été retoquées par le Conseil constitutionnel, a commenté Serge Papin. «On était d'accord là-dessus, on est toujours d'accord. Qu'est-ce qui lui prend? (à Ségolène Royal)?» s'est interrogé le responsable, en insistant sur la bonne volonté de son groupe pour lutter contre le gaspillage.

Interrogé sur la possibilité que la ministre se fasse «un coup de pub» sur le dos des distributeurs, Papin a répondu: «Je le pense oui. Ca s'appelle de la communication. Car franchement nous on était tout à fait disposés à (...) mettre en place le dispositif législatif» prévu dans le projet de loi.

Alors que Ségolène Royal a brandi l'exemple de grandes surfaces javellisant leurs déchets pour éviter qu'ils ne soient récupérés, le patron de Système U y voit une «caricature», une pratique peu fréquente liée à quelques personnes «irresponsables».

«On est les premiers contributeurs aux banques alimentaires»

«On est les premiers contributeurs aux banques alimentaires», a rappelé Papin en rappelant que la grande distribution n'était responsable du gaspillage alimentaire qu'à hauteur de 7%, contre 75% pour les ménages et 15% pour la restauration.

Dès lundi, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) s'était déclarée elle aussi «prêt(e) à discuter avec la ministre, si tant est que le débat ne soit pas biaisé».