Bientôt la fin du remboursement des médicaments jugés peu efficaces

SANTE Une experte propose de revoir les taux de remboursement des médicaments…

C.B.

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Illustration de médicaments.
Illustration de médicaments. — ISOPIX/SIPA

Combien payerez-vous, demain, vos médicaments ? A la demande de Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, un groupe de travail planche depuis cinq mois sur ce sujet. Il travaille plus particulièrement sur la question des taux de remboursement.

A l’heure actuelle, l’Assurance-maladie rembourse un médicament selon son « service médical rendu » (SMR), c’est-à-dire son efficacité. Si ce SMR est jugé insuffisant, le médicament n’est pas remboursé. S’il est estimé faible, le taux de remboursement est de 15 %, il grimpe à 30 % si le service est jugé modéré, à 65 % s’il est considéré comme majeur et à 100 % si le SMR est estimé irremplaçable.

Un taux unique pourrait être créé

Mais tout pourrait bientôt changer. Si Dominique Polton, la présidente du groupe de travail, n’a pas encore terminé sa mission, elle a d’ores et déjà préparé cinq scénarios de réforme différents, que Les Echos sont parvenus à se procurer. D’après le quotidien économique, trois scénarios sont pour l’heure privilégiés et tous « s’attaquent aux taux de remboursement ».

Le premier préconise la disparition pure et simple du taux à 15 %. Autrement dit, les médicaments jugés peu efficaces – il y en a 150 au total, parmi lesquels le Zovirax crème, le Chondrosulf, l’Azantac, le Myolastan, l’Eductyl ou encore le Tanakan — ne seraient plus remboursés. Les deux autres privilégient la création d’un taux unique de remboursement, dont le niveau n’est toutefois pas fixé.

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La date butoir du 8 septembre

Dans tous les cas, Dominique Polton recommande la création d’un dispositif de prise en charge forfaitaire des médicaments non remboursés, mais seulement « pour des catégories de patients très limitées » et de manière « très encadrée », écrivent Les Echos. Elle prévoit également, dans l’un des scénarios, la possibilité de créer « un remboursement dérogatoire temporaire, par exemple pour les médicaments rendant un service médical faible mais sans alternative thérapeutique ».

L’experte, par ailleurs conseillère auprès du directeur de la Caisse nationale d’assurance-maladie, présentera ses propositions définitives au groupe de travail le 8 septembre. Marisol Touraine devra ensuite trancher.