«Les offres sont standardisées et donc comparables»

CONSOMMATION L’ouverture du marché de l’électricité sera effective dimanche 1er juillet. Interview du président de la Commission de régulation de l’énergie.

Recueilli par Angeline Benoit

— 

Quelque cinq millions de Français ont été privés d'électricité samedi soir, une gigantesque panne qui a affecté toute l'Europe de l'ouest à la suite d'une importante défaillance en Allemagne, faisant passer le continent à deux doigts d'un black out total.
Quelque cinq millions de Français ont été privés d'électricité samedi soir, une gigantesque panne qui a affecté toute l'Europe de l'ouest à la suite d'une importante défaillance en Allemagne, faisant passer le continent à deux doigts d'un black out total. — Fred Dufour AFP/Archives
Philippe de Ladoucette, président de la Commission de régulation de l’énergie revient sur l’ouverture du marché de l’électricité effective dimanche 1er juillet.

A ce jour, seuls 365 particuliers, clients de GDF et EDF, passeront à la concurrence le 1er juillet. C’est peu, sur 28 millions.

C’est qu’il faut être très curieux pour en profiter. Les quelques fournisseurs en lice ont peu communiqué. Depuis lundi dernier, un numéro azur (0810 112 212) mis en place par les pouvoirs publics, permet d’en savoir plus.

Pourquoi y a-t-il si peu de fournisseurs ?
Faire des offres rentables n’est pas facile sur le marché des particuliers. Il faut une force de vente importante et le tarif fixé par l’Etat, qu’applique EDF, est intéressant. Pour le concurrencer, il faut pouvoir acheter ou produire de l’électricité à un bon prix, ou réduire ses coûts de fonctionnement.

Les associations ont donc raison d’appeler à rester aux tarifs réglementés ?

Tout dépendra comment ces tarifs évolueront, et des discussions avec Bruxelles. On peut imaginer qu’ils tiennent compte un jour des investissements nécessaires pour augmenter la production ou pour développer les énergies renouvelables, ce qui n’est pas vraiment le cas aujourd’hui.

On craint que la concurrence fasse monter les prix…
C’est une idée fausse. Elle vient du fait de la flambée des prix du pétrole, de la question du renouvellement du parc nucléaire et de l’impact financier des quotas d’émission de CO2 qui sont tombés au moment de l’ouverture du marché.

Mais les entreprises en ont souffert, depuis 1999.
Les prix ont baissé jusqu’en 2003, avant de remonter pour les raisons que je vous ai données. Environ 17 % des entreprises sont parties à la concurrence. Les plus petites d’entre elles qui ont quitté EDF-GDF sont toujours gagnantes par rapport aux tarifs réglementés. Elles ont bénéficié des frais de fonctionnement de leur fournisseur.

On redoute une pagaille, comme pour les télécoms…
L’ouverture a été préparée. Un médiateur traitera les litiges et le nouveau fournisseur s’occupera gratuitement du changement, sans modifier l’installation. Un site Internet et un numéro d’information sont disponibles. Les offres y sont présentées sous une forme standardisée, donc comparable. Enfin, la Commission de régulation de l’énergie vérifie que tous les fournisseurs ont accès au réseau de distribution, qui n’appartient plus aux opérateurs historiques, contrairement à ce qui s’est passé dans les télécoms.