Sarkozy veut une politique industrielle pour l’UE

Delphine Bancaud

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Nicolas Sarkozy, en visite samedi au Salon aéronautique du Bourget, a prôné une "vraie politique industrielle européenne" face à la concurrence des géants chinois ou américain, et une "remise à plat" des programmes militaires français déjà engagés.
Nicolas Sarkozy, en visite samedi au Salon aéronautique du Bourget, a prôné une "vraie politique industrielle européenne" face à la concurrence des géants chinois ou américain, et une "remise à plat" des programmes militaires français déjà engagés. — Pierre Verdy AFP
Au Salon aéronautique du Bourget, le rituel veut que le président de la République assiste à quelques démonstrations en vol et visite quelques grandes entreprises françaises vivant largement des commandes de l’Etat.

Mais comme sur le reste, samedi dernier, Nicolas Sarkozy a voulu imprimer sa marque sous la forme d’un discours plutôt vigoureux sur la nécessité d’une politique industrielle européenne. Les avertissements ont volé bas. Premiers visés : les partenaires commerciaux de la France, à commencer par la Chine et les Etats-Unis. «La naïveté, c’est fini, la réciprocité, ça commence», a prévenu le chef de l’Etat. Barrières douanières et autres protections des marchés seront éliminées «à la minute» où elles disparaîtront pour les clients de la France.

Avertissement aussi en direction du complexe militaro-industriel qui multiplie les programmes toujours plus onéreux pour des marchés de plus en plus étroits. Et le Président de dénoncer une Union européenne qui a réussi à mettre en chantier «cinq programmes de missiles sol-air, trois programmes d’avions de combat, six programmes de sous-marins d’attaque et plus d’une vingtaine de programmes de blindés».

En clair, Nicolas Sarkozy ne veut plus d’albatros commerciaux comme le Rafale, programme à la fois dépassé, hors de prix et inexportable. Mais en Europe, la politique industrielle, c’est encore et surtout de la politique. Sarkozy veut donc réexaminer la gouvernance au sein d’EADS (détenu à 15 % par l’Etat français). Il en sera question le 16 juillet avec Angela Merkel lors d’un sommet franco-allemand.