Crise grecque: Les négociations aboutissent à un accord pour un troisième plan d'aide

EUROPE Quelques détails restent à régler entre la Grèce et ses créanciers mais l’accord final est en bonne voie d’être conclu dans la journée…

L.C. avec AFP

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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à Athènes, le 5 août 2015.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras à Athènes, le 5 août 2015. — Yorgos Karahalis/AP/SIPA

L'épilogue est imminent. La Grèce et ses créanciers « ont trouvé un accord » sur un troisième plan d’aide au pays, a indiqué ce mardi à l’AFP une source gouvernementale grecque, au terme de plusieurs semaines de discussions et d’un véritable marathon depuis samedi. Le ministre des Finances Euclide Tsakalotos, sortant vers 6 heures (GMT) de l'hôtel athénien où se déroulent les négociations, a brièvement indiqué «qu'un ou deux détails» restent cependant à régler au cours de la journée. L’accord final devrait donc être conclu ce mardi.

Athènes d’un côté, et de l’autre les quatre institutions créancières du pays, Union européenne (UE), Banque centrale européenne (BCE), Fonds monétaire international (FMI) et Mécanisme européen de stabilité (MES), négocient depuis plus de deux semaines pour essayer de conclure au plus vite un plan d’aide au pays d’au moins 82 milliards d’euros, le troisième depuis 2010. Idéalement, ils espèrent conclure ce mardi, afin que la Grèce puisse recevoir à temps de quoi payer une échéance de 3,4 milliards d’euros due à la BCE, le 20 août prochain.

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Des objectifs budgétaires revus à la baisse

La Grèce et ses créanciers sont déjà parvenus à définir le cadre budgétaire de la Grèce jusqu’en 2018, une base importante de l’accord pour un sauvetage financier. Selon une source gouvernementale interrogée par l’agence de presse grecque ANA, les négociateurs ont convenu qu’en 2015, la Grèce connaîtrait un déficit primaire (solde du budget hors remboursement de la dette) de 0,25 % du PIB, avant des excédents primaires de 0,5 % du PIB en 2016, 1,75 % en 2017 et 3,5 % en 2018.

Ces objectifs diffèrent des objectifs sur lesquels la Grèce et ses créanciers travaillaient jusqu’en juin dernier. A l’époque, ils n’envisageaient que des excédents primaires jusqu’en 2018. Mais les négociateurs ont dû tenir compte de l’important ralentissement économique qui pèse sur le pays depuis l’arrivée au pouvoir en janvier 2015 du parti Syriza d’Alexis Tsipras, englué depuis lors dans ces négociations interminables. Le pays est en outre un peu plus paralysé encore depuis fin juin 2015 par un strict contrôle des capitaux, mis en place pour éviter une panique bancaire.

« L’optimisme est de mise »

Les discussions se passent bien, estime-t-on de part et d’autre. Lundi matin, une source gouvernementale grecque indiquait qu’elles se déroulaient « avec intensité, mais sans heurts ». Selon Annika Breidthardt, porte-parole de la Commission européenne, « les institutions (créancières) travaillent main dans la main avec les autorités grecques », avec des « progrès profonds ».

Lundi soir, après s’être absenté des discussions pour rencontrer le Premier ministre Alexis Tsipras, le ministre des Finances Euclide Tsakalotos a estimé lui aussi que les négociations « se passent bien ». Il a toutefois noté « qu’il y a des questions dont ils (les négociateurs) veulent débattre encore et encore ». « Mais je pense que l’optimisme est de mise et qu’il y aura un accord bientôt », a-t-il dit.

Quelques points à régler

Si, selon ANA, les deux côtés sont désormais d’accord sur la plupart des sujets, des points compliqués restent en effet à régler, qu’il s’agisse du futur fonds de privatisation grec, du sort des prêts non remboursés qui pèsent sur le bilan des banques, ou de la dérégulation du marché de l’énergie.

S’il est achevé ce mardi, le texte d’accord pourrait être voté par les députés grecs jeudi, puis être présenté vendredi aux ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) à temps pour le versement à la BCE, la semaine prochaine. Vu l’ambiance de bonne collaboration entre Athènes et ses créanciers, inédite depuis l’arrivée au pouvoir du parti d’Alexis Tsipras, il semble n’y avoir aucun risque que les créanciers laissent Athènes dans l’impossibilité d’honorer ce paiement.