VIDEO. Un an après: Comment l'embargo russe a désorganisé l'agriculture européenne

AGRICULTURE L’embargo décrété par Moscou a eu un impact considérable sur les exportations agroalimentaires européennes…

Anissa Boumediene

— 

Illustration d'un élevage de porcs.
Illustration d'un élevage de porcs. — SIPANY/SIPA

Un premier anniversaire aux conséquences catastrophiques. Il y a un an, en réponse aux sanctions économiques de l’UE à l’encontre de la Russie sur fond de crise en Ukraine, Moscou a décrété un embargo sur les produits agricoles européens. Prolongé d’un an en juin dernier par Vladimir Poutine, l’embargo s’est encore durci cette semaine, alors que les autorités russes ont commencé à détruire les produits occidentaux entrés sur sur le territoire. Pour les agriculteurs européens, la situation n’est plus tenable.


Colère des éleveurs : Comment la Russie a… par 20Minutes

Des exportations « réduites de moitié »

« Les producteurs de lait, de viande porcine et de fruits et légumes de l’UE sont touchés de plein fouet par l’embargo sur les exportations imposé par la Fédération de Russie. Cet embargo commercial (…) a fait diminuer de près de moitié, soit 5,5 milliards d’euros, nos exportations agroalimentaires », a déclaré Albert Jan Maat, le président du Copa-Cogeca, l’association des syndicats agricoles européens qui représente les intérêts de 28 millions d’agriculteurs. « La priorité est de rouvrir le marché russe », abonde Antonio Tavares, président du groupe de travail « Viande porcine » de l’organisation.

 

Parmi les pays les plus touchés, l’Allemagne, où le manque à gagner frise le milliard d’euros par an. « Les exports agricoles allemands vers la Russie ont été divisés par deux, de 1,8 milliard à 900 millions d’euros », selon un bilan publié par la fédération DBV. Jusqu’à la mise en place de cet embargo, la Russie représentait outre-Rhin l’un des trois plus gros marchés pour les denrées alimentaires, avec ses importations colossales de fruits et légumes, de viande et de fromage. Moins touchée, la France n’est pas en reste. Selon le ministère des Affaires étrangères, les exportations agroalimentaires vers la Russie ont baissé de 23 %.

L’effondrement des prix

Désormais, les produits boudés par le pays des tsars atterrissent sur d’autres marchés européens déjà saturés, entraînant un effondrement des prix, à commencer par le lait, dont le cours a chuté. La filière porcine française, qui vendait 70.000 tonnes chaque année à Moscou, accuse depuis un an 800 millions d’euros de pertes.

Le 7 septembre, à l’occasion de la réunion du Conseil européen de l’agriculture, le Copa Cogeca, organisera une journée « d’action forte ».