Quand les entreprises trouvent de l'or dans leurs poubelles

ENVIRONNEMENT Entre environnement et économies, de l'intérêt de mettre le nez dans ses déchets...

Angeline Benoit

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La poubelle n'est pas toujours bonne à jeter, et constitue un gisement d'économies. C'est le message de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) qui a dressé mardi le bilan d'une opération menée auprès de 100 entreprises depuis 2004 pour les encourager à réduire leurs déchets de 10%. Un enjeu pour l'environnement - elles produisent trois fois plus d'ordures que les ménages - et pour leur santé... économique.

«Une tonne de déchets nous coûte aujourd'hui 41 euros, contre 171 euros en 2004», témoigne ABE, un entreprise participante. En se plongeant dans ses détritus, l'équipementier automobile s'est rendu compte qu'il perdait de l'argent à envoyer pêle-mêle à l'enfouissement cartons, métaux et plastiques. Plutôt que de payer ce service, il se débarrasse désormais gratuitement de plus de la moitié des matériaux auprès de recycleurs, et arrive même à en vendre certains, comme les métaux.

Une voie suivie depuis longtemps par l'usine du constructeur automobile Toyota à Onnaing (Nord), près de Valenciennes. Après avoir réduit sa production de déchets de 50% en six ans, elle a annoncé mardi qu'elle n'avait plus recours à l'incinération. Ainsi, sur les 9,5 kg de rebus générés par la production d'une Yaris, quatre sont recyclés et le reste est utilisé comme combustible sur place.