« On n’est pas en train de jouer au football »

Recueilli par Marine Aubonnet

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Guy Rupied, délégué général du Gifas, revient sur les performances d'Airbus au salon du Bourget
Guy Rupied, délégué général du Gifas, revient sur les performances d'Airbus au salon du Bourget — no credit

Plus de 300 commandes pour Airbus le premier jour du salon du Bourget. Guy Rupied, délégué général du Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) analyse cette cascade d’annonces.
 
Ces commandes vont-elles permettre à Airbus de passer devant Boeing ?

Je ne sais pas si ces nouvelles commandes vont permettre à Airbus de faire jeu égal avec Boeing. On n’est pas en train de jouer au football, la partie ne dure pas qu’une 1h30. Les points, on les compte chaque fin d’année. Toutefois, ces annonces nous réjouissent. Nous espérons d’autres bonnes nouvelles d’ici à la fin du salon.
 
Comment sont finalisées les commandes?

Acheter un avion, ça n’est pas quelque chose qui se décide en quelques heures. Les commandes du salon résultent de conversations de plusieurs mois. Le Bourget intervient dans le calendrier comme une date butoir, pour terminer les négociations. Ensuite, chaque constructeur a sa stratégie de communication. Certains vont préférer faire des mégas annonces pendant le salon ; d’autres choisissent de les différer…
 
Ces acquisitions vont-elles contribuer au redressement de l’industrie aéronautique française ?

L’ensemble de l’industrie aéronautique française se porte bien. La croissance est régulière. Le problème, ça n’est pas les commandes mais le dollar. Comme nous vendons les avions en dollars et que nous achetons les composants en euros, nous sommes très handicapés par la parité élevée de l’euro. D’ailleurs, le plan de restructuration d’Airbus Power 8 n’est pas lié à un manque de commandes mais à un problème de compétitivité, accentué par l’euro fort.