10% des éleveurs pourraient déposer le bilan, selon Stéphane Le Foll

AGRICULTURE «Les éleveurs au bord du gouffre» titre le journal «Le Parisien» ce vendredi...

L.C. avec AFP

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Stéphane Le Foll, le 19 mai à Carcassonne.
Stéphane Le Foll, le 19 mai à Carcassonne. — DAMOURETTE/SIPA

La situation est très critique pour les éleveurs en France. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll tire la sonnette d’alarme dans Le Parisien/Aujourd’hui en France qui fait sa Une sur « Les éleveurs au bord du gouffre » ce vendredi, alors qu’il doit recevoir un rapport du médiateur des relations commerciales agricoles.

Au moins 40.000 emplois directement menacés

Stéphane Le Foll estime qu'« entre 22.000 et 25.000 » exploitations d’élevage « sont cet été au bord du dépôt de bilan », soit 10 % des éleveurs. Ces chiffres ont été « collectés département par département » par les services du ministère. Stéphane Le Foll insiste sur « l’urgence » à traiter « trois crises, bovine, porcine et laitière, (qui) se conjuguent », et s’inscrivent dans une crise agricole européenne globale.

D’après Le Parisien, cela représente « au moins 40.000 emplois directs ». Nombre d’éleveurs se sont endettés pour ne pas couler face à la concurrence de l’étranger et aux prix en berne, écrit le journal.900.000 emplois

Des villages entiers pourraient être affectés

Le président de la fédération bovine, Jean-Pierre Fleury, est encore plus pessimiste, recensant « 30.000 à 40.000 exploitations en grande difficulté », avec 80.000 agriculteurs menacés. Selon l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), 882.000 emplois indirects sont menacés. De nombreuses fermes pourraient disparaître, détruisant l’économie de villages entiers.

Le sénateur Gérard Larcher (Les Républicains) a plaidé jeudi pour un « plan de désendettement massif de l’élevage français ».

Stéphane Le Foll en appelle à la responsabilité de chacun pour soutenir l’élevage en France. « Dans la crise actuelle, chacun est responsable, du consommateur à l’élu local, qui doit privilégier les produits français dans la restauration collective », insiste-t-il. Il rappelle aussi qu’en juin, « tous les acteurs se sont engagés à augmenter les tarifs et à répercuter cette hausse sur les producteurs ».

Valoriser le logo « Viande de France »

Le ministère de l’Agriculture souhaite également « réorganiser l’offre française en valorisant le logo Viande de France, qui permet au consommateur d’être sûr de l’origine des produits. Alors, il sera prêt à payer un peu plus cher ».

Les éleveurs ont multiplié les actions ces dernières semaines, dans l’Ouest notamment, pour protester contre l’absence de remontées des prix de leurs productions. Une conférence agricole a été organisée jeudi au Sénat pour envisager les mesures d’urgence en faveur des éleveurs.