Dépenses de l'Elysée: Ce qui coince encore

BUDGET Si la Cour des comptes note une baisse des dépenses du Palais, elle pointe la possibilité de nouvelles économies...

Céline Boff

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François Hollande, sur le perron de l'Elysée, le 2 mars 2015.
François Hollande, sur le perron de l'Elysée, le 2 mars 2015. — AFP

Comment l’Elysée a-t-il géré ses dépenses en 2014 ? Plutôt bien, répond la Cour des comptes dans un rapport publié mercredi. Pour la première fois, le Palais est parvenu à limiter son budget annuel à 100 millions d’euros (-1,3% par rapport à 2013) et les magistrats de la rue Cambon l’en félicitent, mais certaines dépenses pourraient encore être rationnalisées.

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Les heures supplémentaires

Les dépenses de personnel représentent les deux tiers (68,2%) des dépenses totales de l’Elysée. Elles représentent donc le principal budget et, bonne nouvelle, elles sont en baisse. Le recul, de -1,6% en 2014 par rapport à l’année précédente, s’explique par une baisse des effectifs (-30 équivalents temps plein). Mais il pourrait être plus important si les personnels ne recourraient pas, de manière « très excessive », selon la Cour, aux heures supplémentaires. Sur ce point, les magistrats mettent en avant le « calcul sur un nombre d'heures peu vraisemblable» et le « très fort dépassement des plafonds autorisés ».

Les achats de marchandises

L’Elysée pourrait réduire ses dépenses, notamment en matière de fleurs, de végétaux et de denrées alimentaires pour la restauration des personnels, s’il lançait davantage d’appels d’offres, estime la Cour. Pour l’heure, les marchés publics couvrent 57% des achats en intendance, informatique et immobilier/moyens généraux, alors que l’objectif fixé est de 80%. Les magistrats rappellent que « la réalisation d'achats répétés effectués auprès d'un même fournisseur devrait conduire, au regard tant du montant cumulé des dépenses que de la possibilité de négocier des tarifs préférentiels, à envisager la passation d'un marché ».

Les frais de restauration

La Cour des comptes rappelle à l’Elysée « que le montant des dépenses de restauration susceptibles de faire l'objet d'un remboursement constitue un plafond, et en aucun cas un forfait dû aux agents ».

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Les déplacements en train

Les dépenses en la matière sont en baisse (-200.000 euros), notamment grâce à « un usage plus rigoureux des moyens aériens » lors des séjours à l’international. La Cour note que le volume des délégations a été réduit et que les déplacements préparatoires aux déplacements officiels sont réalisés, « autant que possible, au moyen de trajets économiques n'excluant pas les escales ». Un bon point, donc. Mais, insistent les magistrats, l’Elysée devrait davantage considérer l’avion pour les déplacements en France métropolitaine. « L'avantage économique d'un trajet en train, dont il est légitime que l'opportunité soit aussi mesurée au regard des contraintes horaires et de sécurité, ne présente pas un caractère systématique et il devrait être apprécié en fonction de chaque déplacement ».

Le transport de biens

Les dépenses de fonctionnement courant sont en baisse : elles sont passées de 14,7 millions d’euros en 2013 à 13,8 millions en 2014 (-6,1%). Mais le recul aurait pu être plus net si les frais de transport de biens associés aux déplacements avaient été mieux encadrés. Ils progressent chaque année et sont passés de plus de 216.000 euros en 2012 à près de 369.000 euros en 2014. Sur un an, la hausse est de +11,6%.

Les assurances automobiles

La Cour estime que « des efforts importants ont été consacrés à la gestion du parc automobile », grâce à « la descente en gamme » du parc de véhicules et au « choix d'orienter la gestion de ce parc vers des modes de déplacements plus écologiques et moins coûteux en énergie ». La consommation de carburant a d’ailleurs diminué de 48 % entre les premiers semestres de 2012 et de 2014, soit un gain annuel estimé à 10.000 euros. Mais il reste un point noir : le coût des assurances souscrites. Si les dépenses découlant de ces contrats ont légèrement reculé en 2014, de -74.200 euros soit -6,5%, une renégociation devrait faire plus franchement baisser la note. Bonne nouvelle : cette renégociation devrait normalement survenir en 2015.