Les gros-porteurs ne relèvent pas Airbus

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Airbus aborde sombrement ce 47e Salon du Bourget, qui débute aujourd'hui. Les retards du super-gros-porteur A380 et le plan de restructuration Power 8, qui fait suite à d'incroyables erreurs de gestion, n'en finissent pas d'affecter l'avionneur européen. Aujourd'hui, il accuse du retard sur le marché des gros-porteurs nouvelle génération. Ce dernier constitue l'essentiel de l'avenir du secteur : des long-courriers à large fuselage, bimoteurs, d'une capacité d'environ 250 passagers. Leur challenge : ils doivent être plus économes sur tous les plans et donc faire appel à de nouvelles technologies encore non éprouvées pour des avions de cette taille.

Le match est lancé. D'un côté, Boeing avec son 787 Dreamliner qui sortira des usines le 9 juillet et entrera en service en 2008. De l'autre, l'Airbus A350, taille et performances comparables, mais qui accuse cinq ans de retard par rapport à son concurrent. Normal, l'avion a été redessiné à trois reprises, avec à chaque fois des changements fondamentaux dans la structure et les matériaux dictés par les clients potentiels. Les conséquences commerciales sont sévères : près de 600 commandes à ce jour pour le 787, contre seulement 13 pour l'A350. Les spectaculaires rabais proposés par Airbus ne changent rien. Si ce ne sont les marges pour les années à venir.

euro Airbus est également confronté à la faiblesse du dollar par rapport à l'euro. Une donnée qui pourrait rendre encore plus sévère le plan Power 8, a prévenu samedi son président Louis Gallois. Cette restructuration prévoit 10 000 suppressions d'emplois et la cession de six usines en Europe.