Chine: La chute des cours provoque la panique à la Bourse de Shanghai

FINANCES Les mesures d’urgence et la suspension des échanges sur quelque 1 300 titres des marchés chinois n’y ont rien fait…

20 Minutes avec agences

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Les introductions en Bourse reprendront en Chine en janvier après avoir été suspendues pendant plus d'un an, a annoncé l'autorité chinoise de régulation financière, qui s'est également engagée à simplifier les procédures de cotation.
Les introductions en Bourse reprendront en Chine en janvier après avoir été suspendues pendant plus d'un an, a annoncé l'autorité chinoise de régulation financière, qui s'est également engagée à simplifier les procédures de cotation. — AFP

La Bourse de Shanghai a dévissé de quasiment 6 % ce mercredi en clôture, dans un climat de panique générale. L’indice composite shanghaïen a ainsi terminé sur un plongeon de 5,90 %, à 3 507,19 points. La Bourse de Shenzhen a un peu mieux résisté, ne reculant que de 2,50 % à 1 884,45 points.

« C’est un véritable mouvement de panique, comme un couteau en train de tomber : je ne suggérerais à personne de l’attraper au vol », grinçait Tony Chu, gérant du fonds RS Investment Management.

La Bourse de Shanghai plonge de 30 % en trois semaines

Plus de 3 200 milliards de dollars en valeur envolés

Les places chinoises ont abandonné plus de 30 % en trois semaines, voyant s’envoler plus de 3 200 milliards de dollars en valeur (2 900 milliards d’euros, selon une estimation publiée par Bloomberg), soit une douzaine de fois le PIB de la Grèce l’an dernier.

La débâcle se poursuivait ce mercredi dans un climat d’affolement général, qu’aucune admonestation ou annonce du gouvernement ne parvenait à endiguer. Et ce alors que la contagion gagnait la Bourse de Hong Kong, qui a plongé ce mercredi de 5,84 %. « La panique des investisseurs et ces ventes massives irrationnelles provoquent une forte pression sur la liquidité des Bourses », déplorait Deng Ge, porte-parole de la CSRC, le régulateur des marchés.

Un train de nouvelles mesures adoptées à marche forcée

Les autorités chinoises avaient pourtant dévoilé précipitamment tout un train de nouvelles mesures, adoptées à marche forcée, mais impuissantes à inverser la tendance. Les compagnies d’assurances sont ainsi désormais autorisées à placer une proportion accrue de leurs actifs en Bourse (40 % contre 30 % précédemment), et peuvent investir jusqu’à 10 % de leurs fonds sur un seul titre. Pékin s’est également engagé à ouvrir des lignes de crédit de 260 milliards de yuans (38 milliards d’euros) aux maisons de courtage pour qu’elles poursuivent leurs acquisitions de titres en Bourse.

40 % de la cote paralysée

Rien n’y fait : face à un climat de défiance générale, les investisseurs en quête de liquidités continuaient à vendre massivement leurs actions pour s’en procurer. Autre facteur d’inquiétudes : les échanges sont désormais interrompus sur plus de 1 300 entreprises cotées, afin d’empêcher leurs titres de descendre encore plus bas. Environ 40 % de la cote se trouve donc paralysée.

« Le fait qu’un tel nombre d’entreprises soient suspendues restreint la liquidité disponible [car les titres concernés ne peuvent plus être vendus] et cela accroît les risques pour les actions qui s’échangent encore », avertissait Li Daxiao, analyste du courtier Yingda. Du coup, « les investisseurs n’ont d’autre choix que de commencer à vendre les "blue chips" [valeurs vedettes jugées sûres, à forte capitalisation] », confirmait Zhang Yanbing, de Zheshang Securities. Résultat : l’indice continue de s’enfoncer.

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Or, l’écrasante majorité des investisseurs sur les Bourses chinoises sont des particuliers, souvent suivistes et s’étant fortement endettés pour investir. Si le phénomène a alimenté sur l’année passée l’envolée des marchés, il contribue maintenant à accélérer leurs pertes. De l’avis général, les autorités chinoises pourraient intervenir encore, pour éviter un imprévisible mécontentement populaire.