Crise grecque: Tsipras et l'Eurogroupe dansent le sirtaki avant l'ultimatum de dimanche

ECONOMIE Les Européens exigent une proposition pour «jeudi» au plus tard...

20 Minutes avec AFP

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La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras.
La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras. — PHOTOMONTAGE (PHOTOS AP/SIPA)

Les visages sont tirés et le ton se fait grave. Mardi, à l’issue d’un énième sommet de la zone euro pour rien, les dirigeants ont fixé à Alexis Tsipras un double ultimatum : ils exigent de recevoir « jeudi au plus tard » des propositions de réformes concrètes de la part d’Athènes, afin de pouvoir trouver un accord d’ici dimanche. Sinon ? L’option nucléaire d’un « Grexit » est désormais sur toutes les lèvres.

« L’heure est vraiment grave et nous ne pouvons exclure ce scénario noir, si nous n’avons pas d’accord d’ici dimanche », a déclaré mardi Donald Tusk lors d’une conférence de presse à Bruxelles. « Ce soir, je dois dire haut et fort que l’ultime délai expire cette semaine », a affirmé d’un air solennel le président du Conseil européen, évoquant « la période la plus difficile de notre histoire ».Même le patron de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui a longtemps refusé de parler de « Grexit », a avoué qu’il n’excluait plus « aucune hypothèse ».

Un « scénario détaillé » d’une sortie de la Grèce préparé

Les dirigeants européens ont même préparé « un scénario détaillé » pour ce scénario qui aura des conséquences pour la population grecque et sur les pays voisins, a concédé Juncker, qui s’est personnellement impliqué dans les négociations pour éviter une sortie de route à Athènes.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, s’est, lui, dit déterminé à « poursuivre l’effort » pour obtenir un accord avec les créanciers, « qui garantisse une sortie de crise » et « mette fin » à la perspective d’un Grexit. Dimanche, les 28 dirigeants européens se retrouveront donc à Bruxelles pour, dans le meilleur des cas, mettre un point final à des négociations entamées il y a près de six mois, après l’arrivée au pouvoir de la gauche radicale en Grèce.

Des réticences à aider la Grèce

Un grand nombre de pays sont plus que réticents à venir en aide à la Grèce, après deux plans d'aide d'un montant total de 240 milliards d'euros et des mois de négociations houleuses avec le gouvernement d'Alexis Tsipras. Mais dans l'idéal, la Grèce a besoin d'un «programme d'aide sur plusieurs années, qui aille bien au-delà de ce que nous discutions il y a encore dix jours», a estimé la chancelière allemande Angela Merkel.

«Il faut un programme à deux ans qui donne de la visibilité», a renchéri le président français François Hollande, même si des solutions urgentes et à court terme seront nécessaires pour qu'Athènes puisse rembourser le 20 juillet la Banque centrale européenne, la dernière institution qui maintient en vie son économie par un goutte-à-goutte financier aux banques hellènes.

Les coffres d'Athènes sont vides, ou peu s'en faut, et le pays doit faire face dans les prochains jours à différents remboursements. L'Europe attend maintenant les propositions du gouvrenement Tsipras pour de nouveau faire fonctionner la planche à billets.

Athènes les mains vides

Athènes devra avoir remis à la zone euro « jeudi au plus tard » une liste de réformes concrètes afin de permettre une reprise des négociations. Cette fameuse liste était espérée mardi et devait être présentée lors d’une réunion des ministres des Finances, qui s’est tenue en amont du sommet.

Mais le nouveau ministre grec, Euclide Tsakalotos, qui a remplacé le flamboyant Yanis Varoufakis, est venu les mains vides, sans document écrit, ce qui a provoqué un sentiment de « consternation » autour de la table, a relaté son homologue belge, Johan van Overtveldt. Un geste qui a provoqué la colère de nombreux responsables européens, trois jours après le « non » retentissant au référendum grec.  La partie de poker peut continuer. Mais cette fois, certains pourraient bien y perdre leur chemise.