Locations: Les loyers baissent, mais les revenus des locataires aussi

IMMOBILIER Selon Century 21, le marché locatif français présente des prix en chute depuis dix ans...

Victor Point

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La baisse des loyers est particulièrement sensible à Lyon.
La baisse des loyers est particulièrement sensible à Lyon. — SIPA

Le marché locatif français est morose. Au premier semestre 2015, du studio au quatre-pièces, le prix des loyers dans le privé est en baisse. Selon le dernier baromètre publié par le réseau Century 21, qui représente près de 850 agences immobilières en France, la variation va de -0,2% pour les deux-pièces à -4% pour les quatre-pièces. Pour les studios et les une-pièce, la baisse est de 1,2%, pour les trois-pièces, 1%. Seuls les prix des cinq-pièces sont en hausse de 2,2%, « mais il s’agit de biens peu nombreux sur le marché », précise Century 21. Pour les maisons, le marché est stable.

Cette baisse suit une tendance de fond, qui a vu les loyers baisser de 6,3% en dix ans en euros constants, selon les calculs de Century 21 (qui pondère la hausse des loyers avec la hausse de l’inflation). Pour expliquer cette évolution, le réseau avance deux raisons.

Des revenus en chute libre

En premier lieu, les Français préfèreraient reporter leurs projets de déménagement « à cause du contexte économique actuel ». Pour la même raison, les plus jeunes squatteraient un peu plus longtemps chez papa-maman. En second lieu, l’accès rendu plus facile à l’achat (prix en baisse et taux avantageux) pousseraient davantage ceux qui le peuvent à se tourner directement vers l’acquisition.

Plus inquiétant, d’après Century 21, « les revenus des locataires entrant ont diminué, et ce, quelle que soit la tranche d’âge », passant, par exemple, de 2.641€ par foyer en moyenne pour un deux-pièces en 2014 à 2.275€ au premier semestre 2015. « Cette baisse a des conséquences sur la solvabilité des dossiers et impacte également le délai de relocation des biens », lance le réseau immobilier.

L’exception montpelliéraine

Evidemment, Paris échappe à la règle, et les loyers sont soit en augmentation (+2% pour les deux-pièces, +6% pour les trois-pièces), soit stables. Dans le reste des grandes agglomérations, la tendance reste à la baisse, particulièrement à Lyon (-4,1% pour les deux-pièces) et Bordeaux. Montpellier fait figure de (petite) exception, avec des hausses de loyer pour les deux, trois et quatre-pièces (respectivement +7, +6 et +37€). Les studios et 1 pièce affichent tout de même des prix en baisse (-14€). Strasbourg, quant à elle, présente la particularité d’afficher des loyers d’une stabilité presque parfaite.

Et le réseau immobilier de prévenir : « Les perspectives ne sont pas réjouissantes sur le marché locatif privé. […] Confrontés à des revenus fonciers en baisse, une fiscalité plus pressante, les propriétaires-bailleurs vont nécessairement envisager réorienter leurs investissements au détriment de la pierre. »