Budget 2016: Quels ministères vont devoir se serrer la ceinture?

ECONOMIE Les ministères vont recevoir cette semaine leur lettre plafond, et sauront le montant exact de leur budget, qui pour la plupart seront revus à la baisse...

A.B.
Le Premier ministre Manuel Valls, le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert, la ministre de la Santé Marisol Touraine, le président François Hollande et le ministre des Finances Michel Sapin à la sortie d'un conseil des ministres.
Le Premier ministre Manuel Valls, le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert, la ministre de la Santé Marisol Touraine, le président François Hollande et le ministre des Finances Michel Sapin à la sortie d'un conseil des ministres. — P.KOVARIK / AFP

Les ministères vont bientôt savoir à quelle sauce ils vont être mangés. Ce jeudi, lors du débat d’orientation des finances publiques, Matignon communiquera leurs plafonds de crédit pour l’année prochaine. Du coup, ces jours-ci, chacun prêche pour sa paroisse, et si en 2016, certains ministères obtiendront une rallonge, d’autres resteront au régime sec.

Une baisse supplémentaire des dépenses de l’Etat

Objectif : baisser encore les dépenses de l’Etat de 2,8 milliards d’euros par rapport à ce qui avait été fixé dans la loi de programmation de finances adoptée à l’automne dernier. « Il n’y aura pas de discussions dans mon bureau au million d’euros près sur telle ou telle dépense », avait averti Manuels Valls. Les ministres ont beau tenter de gonfler leur enveloppe, la plupart d’entre eux auront moins d’argent dans leur caisse. Agriculture, Finances, Economie : ces ministères devraient voir leurs crédits baisser en 2016. Idem a priori pour l’Ecologie, ce qui ne devrait pas manquer d’être commenté à quelques mois de l’organisation par la France de la COP21, la conférence internationale sur le climat.

Les opérateurs de l’Etat vont aussi être mis à la diète. Outre une baisse probable de leurs subventions ou du plafond des taxes qui leur sont reversées, ils vont aussi devoir réduire les emplois. Manuel Valls a en effet demandé une baisse de 2 % « au minimum » des effectifs. Face au besoin de renforcer la lutte contre le chômage, le ministère de l’Emploi ne devrait connaître qu’une très légère baisse de son budget, rapportent Les Echos, loin des 500 millions d’euros de coupe initialement prévus.

Plus de crédits mais plus d’efforts

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, sait depuis la réactualisation de la loi de programmation militaire au printemps dernier que son budget sera augmenté de 600 millions d’euros l’année prochaine. Une hausse des crédits doublée d’une augmentation des effectifs de fonctionnaires. Selon Les Echos, ils devraient gonfler de 8.000 postes par an.

En tant que missions prioritaires du gouvernement, l’enseignement, la justice et la sécurité devraient voir leurs dépenses sanctuarisées, comme François Hollande s’y était engagé. Pareil pour le ministère de la Culture, dont le budget va légèrement augmenter, comme le souhaitait Manuel Valls.

Mais « un ministère dont les crédits augmentent fait parfois un effort d’économies plus important qu’un autre dont les crédits baissent », tempère Bercy. Si le ministère de l’Intérieur va avoir davantage de moyens pour la lutte antiterroriste, les préfectures et les Anciens Combattants devront se serrer la ceinture.