La Grèce, premier pays développé à ne pas rembourser le FMI

ECONOMIE Le pays n'a pas honoré un remboursement de 1,5 milliard d'euros et a demandé une extension...

P.B. avec AFP

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Environ 20.000 personnes ont manifesté à Athènes, en Grèce, mardi, en faveur du «oui» au référendum sur le plan proposée par l'Europe.
Environ 20.000 personnes ont manifesté à Athènes, en Grèce, mardi, en faveur du «oui» au référendum sur le plan proposée par l'Europe. — P.KARADJIAS/AP/SIPA

Cette fois, c'est officiel. A minuit, mardi, la Grèce a fait défaut sur sa dette vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI). «Je confirme que le remboursement (...) dû au FMI par la Grèce aujourd'hui n'a pas été reçu», a indiqué le porte-parole de l'organisation. Athènes, qui devait honorer un remboursement de 1,5 milliard d'euros, a fait in extremis une demande pour obtenir un délai. Le FMI a simplement indiqué que la requête serait examinée «en temps et en heure».

Et maintenant? «La Grèce ne peut plus recevoir de financement du FMI tant que ses arriérés n'ont pas été payés», précise le FMI. Athènes devra donc désormais se passer de l'argent de ses créanciers publics. Parallèlement, le volet européen du plan d'aide à la Grèce a comme prévu pris fin à 23h00, privant le pays de 16 milliards d'euros d'aide en tout genre. Désormais, le pays ne devra plus sa survie financière qu'à l'aide d'urgence fournie à ses banques par la Banque centrale européenne.

La Grèce aux côtés du Zimbabwe, de la Somalie et du Soudan

Athènes devient le premier pays développé à accumuler des arriérés de paiement vis-à-vis du FMI, qui essuie le plus grand défaut de son histoire. Cet incident de paiement constitue un sérieux revers pour la crédibilité du FMI, qui a accordé à la Grèce le plus grand prêt de son histoire. La Grèce rejoint trois pays d'Afrique actuellement en défaut: le Zimbabwe, la Somalie et le Soudan.

Les mésaventures du FMI avec la Grèce ne sont toutefois pas finies. Le pays doit au total virer 5,4 milliards d'euros dans les caisses du Fonds cette année sur une dette totale de quelque 21 milliards d'euros. Le prochain paiement de 284 millions d'euros est dû pour le 1er août.

Les tractations continuent avec l'Europe

Plus tôt dans la journée, la Grèce avait tenté un autre coup de théâtre en faisant de nouvelles propositions à ses créanciers européens après la rupture des négociations samedi et l'approche d'un référendum crucial dimanche sur la poursuite du plan d'aide.

Dans le détail, la Grèce a demandé à l'Eurogroupe de pouvoir conclure avec le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de soutien de la zone euro, un accord sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers, soit environ 30 milliards d'euros, tout en restructurant sa dette, a fait savoir le bureau du Premier ministre Alexis Tsipras. La Grèce a même laissé entendre qu'elle pourrait suspendre l'organisation du référendum prévu sur les propositions de ses créanciers si les négociations reprenaient avec l'Union européenne, a indiqué une source européenne proche des discussions.

Mais la chancelière allemande Angela Merkel a pour l'instant fermé la porte à toute discussion sur le sujet en affirmant que l'Allemagne n'était pas prête à discuter d'une nouvelle demande d'aide d'Athènes avant dimanche, jour du référendum. La balle est dans le camp de la population grecque, alors que 20.000 personnes ont manifesté à Athènes en faveur du «oui».