Comment le gouvernement grec essaie d'éviter l'effondrement du pays

CRISE Le gouvernement grec a pris différentes mesures pour tenter de maintenir à flot les banques du pays...

Céline Boff

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Des retraités devant un bureau fermé de la Banque nationale de Grèce à Athènes le 29 juin 2015
Des retraités devant un bureau fermé de la Banque nationale de Grèce à Athènes le 29 juin 2015 — SAKIS MITROLIDIS AFP

Empêcher l’effondrement du pays. C’est l’urgence numéro 1 pour le gouvernement grec. Après l’échec des négociations ce week-end, Athènes n’empochera pas les 7,2 milliards d’euros d’aide qu’elle attend depuis un an et ne pourra donc pas rembourser, ce mardi 30 juin, les 1,6 milliard qu’elle doit au Fonds monétaire international (FMI).

Le pays est au bord du défaut de paiement et cette situation a de quoi inquiéter les Grecs. Pour éviter qu’ils ne se ruent dans les banques, le gouvernement a pris des mesures, officialisées dans la nuit de dimanche à lundi dans un «arrêté législatif». Ce plan se décline en quatre axes visant à maintenir à flot les banques jusqu’au référendum de dimanche prochain. 20 Minutes fait le point.

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Fermer les banques

C’est la première décision du gouvernement grec. D’après l'arrêté sur le contrôle des capitaux publié au journal officiel et signé par le président de la République Prokopis Pavlopoulos et le Premier ministre Alexis Tsipras, les établissements bancaires resteront fermés jusqu'au mardi 7 juillet, soit deux jours après le référendum. Si les particuliers comme les entreprises ont déjà retiré 80 milliards d’euros des banques depuis janvier 2010 –donc plus de 5 milliards rien que la semaine passée- pour les cacher chez eux ou les transférer dans d’autres pays, la fermeture de ces établissements va mettre un coup d’arrêt à ces mouvements. Ce qui devrait permettre aux établissements bancaires de tenir le coup. Rappelons qu’ils sont toujours alimentés en argent frais par la Banque centrale européenne (BCE).

Limiter les retraits

Les banques étant fermées, il reste les distributeurs automatiques (DAB). Ceux-ci délivreront jusqu’au 6 juillet inclus un maximum de 60 euros par jour et par habitant. Les Grecs s’attendaient à cette mesure, à l’image de Yiannis Grivas, enseignant, qui a pris la précaution de retirer son salaire de 940 euros vendredi, et des queues immenses se sont formées devant les DAB tout le week-end. Résultat: ils sont pratiquement à sec. Certains habitants ne parviennent plus à retirer le moindre euro, à l’image de Voula: «J'ai essayé plusieurs machines, cinq, six, huit, dix... Je suis inquiète, triste et en colère contre le gouvernement. Je le déteste!».

Fermer la bourse

Si la crise grecque impacte les bourses du monde entier -les places de Francfort et de Paris ont notamment chuté de -4% à l’ouverture ce lundi matin- elle n’a pour l’instant aucun effet sur celle d’Athènes. Et pour cause: le gouvernement a décidé de fermer cette place pendant une semaine afin de la mettre à l’abri des secousses. La Commission grecque des marchés de capitaux a expliqué que la bourse d’Athènes resterait close jusqu’au 6 juillet inclus.

Garantir les salaires et les retraites

Dimanche, Alexis Tsipras s’est adressé à son peuple dans une allocution télévisée. Il a surtout cherché à le rassurer, d’abord en affirmant que «les dépôts des citoyens dans les banques grecques sont absolument garantis», tout comme le versement des salaires et des pensions de retraites. Pour donner de l'espoir à la population, il a également dit avoir reformulé auprès de l'UE et de la BCE une demande de prolongation du programme d'aide dont la Grèce bénéficie. Ce lundi, d’autres mesures ont été décidées pour apaiser les Grecs, comme la gratuité des transports en commun à Athènes et dans sa banlieue proche.