Crise de la dette grecque: Où en sont les négociations entre Athènes et ses créanciers?

INTERNATIONAL La BCE n'a pas coupé le robinet des financements des banques grecques, mais le spectre du défaut de paiement reste présent... 

L.C.

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Un graffiti dans les rues d'Athènes signifiant
Un graffiti dans les rues d'Athènes signifiant — Petros Giannakouris/AP/SIPA

L’interminable saga de la crise financière grecque touche-t-elle à son dénouement ? Difficile à croire, tant les négociations des mois précédents ont connu leurs lots de coups de théâtre.

Dernier exemple en date : l’annonce fracassante d’un référendum sur l’accord entre Athènes et la troïka, qui a coupé court aux négociations avec l’Eurogroupe. Depuis, les réunions d’urgence se sont enchaînées dimanche. 20 Minutes fait le point sur la situation.

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Pourquoi les négociations entre le gouvernement grec et l’Eurogroupe sont-elles dans une impasse ?

Dans la nuit de vendredi à samedi, Alexis Tsipras a décidé de façon inattendue l’organisation d’un référendum sur l’accord proposé par les créanciers de la Grèce (l’UE, la BCE et le FMI), le 5 juillet prochain. Dans la foulée, le Premier ministre grec appelait déjà les électeurs à voter « non ». Un « coup de poker de trop » selon de nombreux éditorialistes et économistes, néanmoins largement approuvé par le Parlement grec dans la nuit de samedi à dimanche.

Pour l’Eurogroupe, ce geste politique équivaut à une rupture unilatérale des négociations. Les ministres des Finances des 19 pays de la zone euro ont donc décidé de ne pas reconduire le plan d’assistance financière dont bénéficie Athènes depuis 2012, qui doit prendre fin le 30 juin. Or, le 30 juin, la Grèce doit rembourser 1,6 milliard d’euros de prêts au Fonds monétaire international (FMI). Une somme qu’elle aura du mal à réunir sans les fonds qu’aurait pu lui fournir ce plan d’aide.

Quelles sont les conséquences à court terme pour les banques grecques ?

Malgré l’échec des négociations avec l’Eurogroupe, les 25 membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), réunis en urgence dimanche, ont finalement annoncé qu’ils n’allaient pas couper le robinet du financement des banques grecques. Il s’agit en quelque sorte d’un sursis : la BCE maintient les prêts d’urgence ELA (pour Emergency Liquidity assistance) aux établissements bancaires hellènes à leur niveau actuel, autour de 90 milliards d’euros. Concrètement, cela va probablement éviter aux banques grecques, déjà vidées de 20 % de l’épargne qu’elles abritaient, de devoir fermer dès lundi.

Une solution politique est-elle encore possible ?

Le maintien des prêts d’urgence par la BCE pourrait donc rassurer les déposants grecs et laisse la porte ouverte à une solution politique de dernière minute pour éviter le défaut de paiement. Mais la BCE n’a pas augmenté le montant des prêts et elle garde la possibilité de « reconsidérer sa décision » à tout moment. Un moyen de maintenir la pression sur le gouvernement grec, en échange de la mise en place d’un contrôle des capitaux dès lundi ? Selon la presse, en échange de ce sursis, la BCE attendrait d’Athènes la mise en place dès lundi d’un contrôle des capitaux, pour éviter l’hémorragie des liquidités grecques. Dans ce cas, les banques grecques pourraient être fermées lundi.

Cette décision est notamment entre les mains du conseil grec de stabilité systémique qui se réunit à Athènes dimanche en fin de journée. Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, qui s’est déjà prononcé contre une telle mesure par le passé, doit discuter ce dimanche avec la BCE d’éventuelles solutions pour « minimiser le fardeau imposé » à la Grèce.