Grèce: Un accord en vue pour la fin de semaine

ECONOMIE Une dernière réunion doit avoir lieu mercredi soir pour boucler le dossier...

20 Minutes avec AFP

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Le président de la Commission européenne Jean Claude Juncker  (G) et le président du Conseil européen Donald Tusk lors d'une réunion sur la Grèce à Bruxelles, le 22 juin 2015
Le président de la Commission européenne Jean Claude Juncker (G) et le président du Conseil européen Donald Tusk lors d'une réunion sur la Grèce à Bruxelles, le 22 juin 2015 — JOHN THYS AFP

C’est la dernière ligne droite pour la Grèce et l’UE. Et comme pour un essai au rugby, tout le monde doit pousser pour franchir la ligne. « Nous avançons vers un accord », s’est réjoui le président français François Hollande à l’issue du sommet, lundi soir

Les propositions grecques constituent « un certain progrès » et « un bon point de départ pour de prochaines discussions », a reconnu de son côté la chancelière allemande Angela Merkel. Sur un ton également positif, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a estimé que « les nouvelles propositions grecques sont un pas en avant positif ».

Avant même l’issue du sommet, un vent d’optimisme a fait bondir les Bourses : Paris et Francfort ont chacune gagné 3,81 % lundi tandis que la Bourse d’Athènes s’est envolée de 9 %. A New York, l’indice Dow Jones a avancé de 0,58 % et le Nasdaq a fini sur un record historique.

1,5 milliard d’euros à rembourser la semaine prochaine

Pour finaliser le travail qui reste à accomplir, une nouvelle réunion de l’Eurogroupe – les ministres des Finances des 19 – aura lieu mercredi soir, veille d’un sommet européen prévu de longue date. Il s’agit de la troisième réunion de ce type en moins d’une semaine.

« Je suis convaincu que nous allons parvenir à un accord final dans le courant de la semaine », a insisté le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui a filé la métaphore footballistique pour rappeler qu'« on ne peut pas jouer les prolongations ». « Il nous reste peu de temps, mais beaucoup de travail », a résumé la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

La Grèce doit en effet rembourser quelque 1,5 milliard d’euros au FMI dans huit jours, un paiement qu’elle ne peut honorer sans la reprise de l’aide financière de ses créanciers (7,2 milliards d’euros). Pour cela, un accord est nécessaire avec eux sur une série de réformes et de mesures budgétaires.

TVA à 23 % pour les hôtels

Le gouvernement grec a publié lundi soir la liste complète de ses propositions aux créanciers. Dans ce document en 21 points, Athènes souligne qu’il s’agit du « résultat de négociations difficiles afin d’arriver à un accord qui ne touche pas les droits du travail et ne dissout pas la cohésion sociale mais donne une perspective, (…) et constitue une solution viable pour l’économie grecque sans frapper les bas et moyens revenus ».

La partie grecque confirme qu’elle accepte le principe d’un budget en excédent primaire (le solde du budget hors charge de la dette) de 1 % cette année et 2 % l’an prochain, qui a longtemps été l’un des points d’achoppement des discussions.

Selon une source au fait des négociations, les créanciers ont demandé à Athènes d’augmenter la TVA sur les hôtels et restaurants à 23 %, une mesure « socialement équitable » car elle toucherait principalement les touristes étrangers. Cela permettrait d’atteindre l’objectif de 1 % d’excédent budgétaire primaire en ne touchant pas à la TVA à 13 % sur l’électricité et à 6 % sur les médicaments.

« Actuellement, 90 % du chemin est fait. On ne peut pas faire échouer les choses alors qu’on en est là », selon cette source.