La croissance reprend du service en France

ECONOMIE L'Institut national de la statistique et des études économiques anticipe une croissance du Produit intérieur brut (PIB) «relativement soutenue d'ici fin 2015»...

20 Minutes avec AFP
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Illustration d'un chariot dans un supermarché.
Illustration d'un chariot dans un supermarché. — CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA

La baisse du chômage n'est pas pour tout de suite. L'Insee s'attend à une accélération de la croissance en 2015 en France après trois années «ternes» et se montre plus optimiste que le gouvernement, calmant toutefois ses espoirs sur une baisse du chômage.

Chômage: «Le retour de la croissance n'est pas la solution»

Dans sa nouvelle «Note de conjoncture» publiée jeudi, l'Institut national de la statistique et des études économiques anticipe une croissance du Produit intérieur brut (PIB) «relativement soutenue d'ici fin 2015», avec +0,3% aux deuxième et troisième trimestres, puis +0,4% au quatrième.

La France dans une phase de reprise

Ce qui mène à une croissance moyenne annuelle de 1,2% pour 2015, une «nette accélération» après «trois années très ternes» ayant connu une hausse du PIB de +0,4% par an en moyenne. Ce pronostic rejoint la prévision de la Banque de France publiée début juin et conforte le gouvernement qui table toujours officiellement sur 1% de croissance en 2015, même s'il a laissé entendre qu'il n'excluait pas un chiffre plus élevé au final.

«En prévoyant une croissance supérieure à 1% cette année, l'Insee confirme que la France est clairement rentrée dans une phase de reprise de l'activité», s'est félicité le ministre des Finances Michel Sapin dans une déclaration à l'AFP.

Mais même si ces chiffres détonnent par rapport aux dernières années, «le PIB ne retrouverait toutefois pas la croissance de 2010 (+1,9%) et 2011 (+2,1%), essentiellement du fait d'un redémarrage encore modeste de l'investissement des entreprises (+1,0% en 2015 contre +4,0% en moyenne en 2010 et 2011) et du fort recul de celui des ménages (-4,7% en 2015 contre +1,5% en 2010 et +1,0% en 2011)», tempère l'Insee.

Pas d'inversion de la courbe du chômage

Selon l'institut, le taux de chômage devrait augmenter de 0,1 point au deuxième trimestre pour atteindre 10,1% en métropole, puis se stabiliser à ce niveau jusqu'à la fin de l'année, grâce à une hausse attendue des créations d'emplois (+60.000), qui absorberait l'essentiel de la hausse de la population active (+63.000).

Pour autant, il n'entrevoit pas pour l'heure la légère inversion de la courbe du chômage annoncée par l'OCDE et l'Unédic (assurance chômage) pour la deuxième partie de l'année, sauf si «le nombre de chômeurs dits "découragés" (souhaitant travailler mais n'ayant pas recherché activement d'emploi) continue d'augmenter». Le président François Hollande, qui a échoué à inverser la courbe du chômage au début de son mandat comme il s'y était engagé, sait qu'il sera jugé sur les résultats dans ce domaine à la fin de son mandat.