Grèce: Le FMI jette un froid sur la perspective d'un accord

INTERNATIONAL «Nous sommes encore loin d'un accord» affirme le porte-parole du fonds...

20 Minutes avec AFP
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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras.
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras. — Petros Giannakouris/AP/SIPA

Le Fonds monétaire international (FMI) a jeté un froid jeudi dans les négociations entre la Grèce et ses créanciers, en affirmant qu’un accord était encore loin, Athènes réaffirmant être prêt à « intensifier » les discussions pour tenter de trouver un compromis sur sa dette.

« Il y a encore des différences majeures entre nous dans des secteurs essentiels et il n’y a pas eu de progrès pour réduire ces différences récemment. Nous sommes encore loin d’un accord », a affirmé le porte-parole du fonds, Gerry Rice, lors d’un point de presse à Washington.

Les retraites et les impôts font partie des sujets de discorde

Parmi les principaux points de désaccord figurent la réforme du système de retraites, les impôts et le financement des dépenses publiques, a développé ce porte-parole.

Il a souligné que le FMI ne « quittait jamais la table des négociations » mais que « la balle était maintenant dans le camp grec », en précisant que l’équipe des négociateurs du FMI avait pour l’heure quitté Bruxelles pour regagner Washington.

Gerry Rice a précisé que la Grèce était en train de préparer de nouvelles propositions de réformes afin d’obtenir le déboursement de 7,2 milliards d’euros, dont elle a cruellement besoin pour éviter un défaut de paiement.

« Ce n’est plus le moment de jouer »

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui aussi appelé jeudi les autorités grecques à se montrer « un peu plus réalistes », estimant que « ce n’est plus le moment de jouer ». « Nous avons besoin de décisions et non plus de négociations ».

Le porte-parole du gouvernement grec Gabriel Sakellaridis a de son côté assuré que son pays était prêt à « intensifier » les négociations, « y compris dans les prochaines 24 heures », pour tenter de régler les « questions en suspens » après le round intense de discussions mercredi et jeudi à Bruxelles avec les créanciers de la Grèce.

En théorie, un accord doit être approuvé au plus tard lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro jeudi prochain à Luxembourg. Signe de l’importance de cette réunion, la patronne du FMI, Christine Lagarde, sera présente.

La Bourse d’Athènes optimiste

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras, qui devait regagner Athènes dans la soirée, a rencontré jeudi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui joue volontiers le rôle de facilitateur dans ces difficiles négociations.

Même si aucune véritable percée n’a été enregistrée, ces échanges ont suscité un vent d’optimisme sur les marchés : la Bourse d’Athènes a fini sur un bond de 8 %. Les autres places en Europe, plus prudentes, ont pour la plupart terminé en légère hausse.

Athènes semble prêt à des concessions. « Il y aura une légère hausse des taxes qui ne va pas affecter les bas revenus », a indiqué le ministre de l’Economie Georges Stathakis.

La perspective de nouvelles mesures de rigueur en Grèce a provoqué l’ire des fonctionnaires grecs, et du Pame, la coalition de syndicats proches du parti communiste KKE. Ils ont appelé à des manifestations, dont un rassemblement en fin de journée devant l’Université d’Athènes, dans le centre de la capitale.