Les retards de paiement, un mal français

ENTREPRISES Deux entreprises sur trois payent avec du retard leurs fournisseurs et sous-traitants, un défaut français lourd de conséquences...

O.G.
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SFR fait partie des grosses entreprises pointées du doigt pour ses retards.
SFR fait partie des grosses entreprises pointées du doigt pour ses retards. — V. WARTNER / 20 MINUTES

La ponctualité n’est visiblement pas une qualité typique des entreprises françaises. La Médiation Interentreprises, censée limiter les conflits entre boîtes mauvaises payeuses et sous-traitants, publie ce jeudi son premier Indicateur trimestriel sur les retards de paiement de factures fournisseurs de 120 grandes entreprises françaises, en partenariat avec le cabinet Altares.

Selon les résultats dévoilés par Le Figaro, les petites PME ne sont pas les seules à abuser des paiements ajournés. Les petits fournisseurs font aussi les frais de SFR ou Renault. Avec en moyenne 13 jours de retard. Et selon la médiation ces retards ont des conséquences de taille : un quart des faillites recensées en France sont liées à ces mauvais payeurs.

Deux tiers des entreprises françaises en retard

« Deux entreprises sur trois en France règlent leurs fournisseurs et leurs sous-traitants avec retard », souligne Pierre Pelouzet, médiateur national des relations interentreprises au Figaro, contre quatre sur dix en Allemagne et huit sur dix à l’échelle européenne. La loi prévoit un paiement normal à 30 jours, avec la possibilité d’un accord pour le décaler à 60 jours.

Les solutions pour limiter les retards

Les choses pourraient toutefois changer à l’avenir. Le Monde indique que des pistes se dessinent pour limiter les retards de paiement. Les sanctions sont rares. Mais la loi Hamon de mars 2014 a renforcé les contrôles (2.500 en 2015) et instauré des sanctions administratives dissuasives : une grande entreprise mauvaise payeuse sera publiquement réprimandée, a précisé Manuel Valls le 9 juin, dans le cadre de son plan en faveur des PME.

Mais la médiation a également mis en place une charte, déjà signée par 500 entreprises, qui lie demandeurs et fournisseurs par un contrat de confiance. Une démarche qui peut même aller jusqu’à un label pour les plus vertueux.