Wall Street reprend de l'appétit après une période morose

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Selon une étude de S Dow Jones, c'est au total plus de 900 milliards de dollars qui ont été redistribués en 2014 aux actionnaires des entreprises composant l'indice américain S 500, un record et une hausse de près de 15% sur un an seulement
Selon une étude de S Dow Jones, c'est au total plus de 900 milliards de dollars qui ont été redistribués en 2014 aux actionnaires des entreprises composant l'indice américain S 500, un record et une hausse de près de 15% sur un an seulement — Stan Honda AFP

Wall Street a nettement monté mercredi dans la foulée de Bourses européennes optimistes sur la Grèce, les investisseurs jugeant que le marché avait trop flanché depuis le début du mois: le Dow Jones a pris 1,32% et le Nasdaq 1,25%.

Selon des résultats définitifs, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a gagné 236,36 points à 18.000,40 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 62,82 points à 5.076,69 points.

L'indice élargi S&P 500, particulièrement suivi par les investisseurs, a avancé de 1,20%, soit 25,05 points, à 2.105,20 points.

Les indices sont ainsi revenus aux niveaux auxquels ils avaient commencé le mois, avant d'enregistrer une série de séances de légère baisse ou de stagnation, et se rapprochent de leurs records, battus en mai.

«Les marchés sont comme des élastiques, ils se rattrapent quand ils sont allés trop loin», a résumé Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services. «Hier soir le Dow Jones était en baisse sur l'ensemble de l'année, et cela ne réflétait pas l'état de l'économie réelle, telle qu'on la vit aux Etats-Unis.»

Cette prise de conscience des investisseurs a eu lieu sans nouvel élément concret, car, sur le plan de l'économie américaine, l'actualité économique de mercredi était limitée, comme depuis le début de la semaine.

«La Bourse américaine suit le mouvement des places européennes, dont le déclin avait été encore plus marqué», et qui ont rebondi face au volontarisme d'Angela Merkel et de François Hollande sur la crise grecque, a estimé David Levy, de Kenjol Capital Management.

Les dirigeants allemand et français ont insisté sur l'urgence pour la Grèce d'arriver à un accord avec ses créanciers, et doivent rencontrer dans la soirée le Premier ministre, Alexis Tsipras, en marge d'un sommet à Bruxelles.

«Comment le marché pourrait avoir la naïveté de croire qu'une crise qui dure depuis des années sera si rapidement résolue ?», a relativisé M. Volokhine. «Je pense que c'est surtout la peur d'être pris à contrepied qui pousse les investisseurs à acheter.»

Par ailleurs, Wall Street n'a pas été perturbée par une nouvelle baisse du marché de la dette, alors que sa chute avait contribué à déstabiliser les investisseurs lors des dernières semaines.

Sur le marché obligataire américain, le rendement des bons à dix ans montait vers 20H15 GMT à 2,487% contre 2,434% la veille au soir, et celui des bons à 30 ans à 3,214% contre 3,167% précédemment. Cette nette hausse témoigne d'une baisse de la demande d'obligations américaines.

«La Bourse peut monter face à des rendements qui progressent s'ils montent à cause de la force de l'économie», le marché de la dette étant considéré comme une valeur refuge en temps d'incertitudes, a expliqué M. Volokhine.

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