Quels sont encore les points de blocage entre la Grèce et ses créanciers?

POLITIQUE Ils se concentrent sur le coût pour les Grecs des économies budgétaires et le régime des retraites...

20 Minutes avec AFP

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Le siège de la banque de Grèce, à Athènes
Le siège de la banque de Grèce, à Athènes — Louisa Gouliamaki AFP

A l’issue de quatre mois de négociations, les points de blocage entre Athènes et ses créanciers se concentrent sur le coût pour les Grecs des économies budgétaires et le régime des retraites, avec en arrière-fond la question, non résolue, de la viabilité de la dette.

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Combien de milliards d’euros à dégager, et comment ?

Ses créanciers, UE et FMI, demandent à Athènes de trouver 3 milliards d’euros en 2015, afin d’atteindre un excédent fiscal primaire (hors intérêt de la dette) de 1 % du PIB en 2015, à porter à 3,5 % en 2018. Parmi les outils pour y parvenir, une réforme des taux de TVA, à 11 % pour médicaments, alimentation et hôtellerie, et 23 % pour le reste.

Trop cher pour les Grecs plongés dans une « crise humanitaire », rétorque le gouvernement grec de gauche radicale. Il propose un solde de 0,6 % du PIB en 2015, là aussi porté à 3,5 % en 2018. De quoi permettre une TVA plus ajustée socialement : 6 % pour les médicaments, 11 % pour nourriture, électricité et eau, et 23 % pour le reste. En contrepartie, Athènes prévoit notamment d’augmenter les impôts pour les revenus supérieurs à 30.000 euros par an et de taxer les licences télévisuelles.

Comment combler le trou du système des retraites ?

Pour les créanciers, le régime de retraite grec doit être mis à l’heure du « zéro déficit », via des coupes dans les dépenses de 450 à 900 millions d’euros en 2015 et de 1,8 milliard en 2016. Ils prescrivent de limiter les retraites anticipées, de faire payer plus cher les soins de santé aux retraités et de supprimer une prime de soutien à ceux touchant moins de 700 euros par mois de pension.

Pour le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, « des idées comme couper dans les retraites les plus basses ne peuvent être des bases de discussions ». La Grèce veut renvoyer le « zéro déficit » à 2017 dans l’attente d’une grande réforme de fond en cours d’élaboration. Le seul point d’accord est « l’unification des caisses de retraites », a précisé le gouvernement.

Comment sortir de la dépression économique ?

En matière de marché du travail, que les créanciers veulent déréguler davantage, les divergences se sont réduites. Reste à régler la question du rétablissement des conventions collectives abolies sous pression de l’UE et du FMI. Alexis Tsipras s’y est engagé, les créanciers l’excluent pour 2015.

Sur les privatisations aussi, les positions se sont rapprochées, Athènes étant revenu sur son opposition de départ en affirmant vouloir en faire un instrument de croissance. Mais si un compromis se dessine pour la cession au privé des ports et aéroports, la Grèce refuse les privatisations dans l’électricité réclamées par ses créanciers.

Et après ?

Le projet d’accord des créanciers opte pour le non dit sur la question de la dette publique grecque, pourtant prévue par la Commission à 180 % du PIB pour 2015, un niveau jugé insoutenable de l’avis général.

Pour la Grèce, qui veut au contraire que le principe d’une restructuration soit réaffirmé, « la signature de l’accord dépend d’une solution sur la dette ». La zone euro s’était engagée à en discuter en 2012 une fois le budget grec en excédent primaire, mais a reculé une fois ce solde passé au vert, en janvier 2014.