Thierry Antinori, vice-président d'Emirates chargé de la stratégie commerciale, le 17 mai 2012 au stade du Parc des Princes à Paris
Thierry Antinori, vice-président d'Emirates chargé de la stratégie commerciale, le 17 mai 2012 au stade du Parc des Princes à Paris — Bertrand Guay AFP

Économie

La France est «à côté de la plaque» sur les droits de trafic aérien, selon Emirates

La compagnie aérienne Emirates estime que le gouvernement français ...

La compagnie aérienne Emirates estime que le gouvernement français «ne rend pas service aux consommateurs» en ne lui accordant pas des droits de trafic supplémentaires et que la France est le pays le plus «à côté de la plaque au niveau européen» sur ce sujet, a déclaré un de ses dirigeants dans un entretien à l'AFP.

«Il n'y a pas un pays plus à côté de la plaque au niveau européen en termes de droits de trafic» que la France, a déclaré à l'AFP Thierry Antinori, vice-président d'Emirates chargé de la stratégie commerciale.

La compagnie émiratie, actuellement limitée à 32 vols hebdomadaires entre Dubaï et l'Hexagone, dont 20 à Paris-Charles de Gaulle, 7 à Nice et 5 à Lyon, réclame un créneau supplémentaire à Paris et deux à Lyon pour proposer une offre identique du lundi au dimanche.

Dans le même temps, Emirates dessert l'Italie sept fois par jour (huit à partir de novembre), l'Allemagne neuf fois et le Royaume-Uni 16 fois (17 à partir d'août). «Est-ce que la France a moins d'import touristique que l'Allemagne? Un besoin économique de commerce vers l'Est inférieur à l'Italie ou moitié moins important que le Royaume-Uni ? Non», affirme M. Antinori.

«La France est à la traîne» et «le gouvernement ne rend pas service aux consommateurs français», alors qu'Emirates y est «en butée de croissance, avec plus de 90% de remplissage sur (ses) plus gros avions», poursuit-il.

«On pourrait ramener plus de gens d'Australie, de Taïwan ou de Chine», au lieu de quoi «il y a plus de vols entre Manchester et Dubaï qu'entre Paris et Dubaï» et «si ça continue, on aura bientôt plus de vol entre la Suisse et Dubaï qu'entre la France et Dubaï», prévient-il.

«Pourquoi à Lyon le client n'a pas le droit de voyager vers Dubaï le jeudi et le mardi?», insiste-t-il, comparant la métropole rhône-alpine à Milan, où Emirates dispose de trois vols quotidiens.

«Les régions françaises sont sous-desservies par rapport aux régions européennes importantes», renchérit Thierry de Bailleul, directeur général d'Emirates France, qui sait pouvoir compter sur l'appui des aéroports et des élus locaux face à la résistance de la compagnie historique, Air France.

«Quand vous faites la balance économique entre ce qu'on apporte et ce que ce qu'on prend éventuellement à Air France, ce qu'on apporte est beaucoup plus fort», tranche-t-il.

Alors que la presse a fait état début mai de l'attribution prochaine de droits de trafic au Qatar en contrepartie de l'achat de 24 avions de chasse Rafale par l'émirat (démentie aussitôt par le gouvernement), M. Antinori rappelle qu'Emirates est un client majeur d'Airbus, avec notamment 140 commandes d'A380.

«Si le problème des droits de trafic se résolvait en achetant des avions, on aurait +open sky+ (ciel ouvert, ndlr) partout en France», commente-t-il, regrettant que les négociations des droits de trafic restent «aux mains des ministres des Transports» alors que «ça devrait être dans les mains du Commerce extérieur et du tourisme».