Téléphonie: Interpellé par des ONG, Orange veut se «retirer d'Israël»

ECONOMIE Un rapport dénonce les activités d’une entreprise sous contrat avec l’opérateur français dans les colonies israéliennes, qui « aiderait ainsi à perpétuer une situation considérée comme illégale par la communauté internationale ».

M.C. avec AFP

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Le PDG d'Orange Stéphane Richard au Caire, le 3 juin 2015.
Le PDG d'Orange Stéphane Richard au Caire, le 3 juin 2015. — Thomas Hartwell/AP/SIPA

Le PDG de l’opérateur français Orange a annoncé mercredi son intention de revoir les liens avec l’opérateur israélien Partner dont les activités dans les territoires palestiniens ont été critiquées par des ONG.

Fin mai, cinq ONG et deux syndicats, dont CCFD-Terre Solidaire, l’Association France Palestine Solidarité et la CGT, ont demandé à l’entreprise « de communiquer publiquement sa volonté de désengagement et de dénoncer les atteintes aux droits humains commises par Partner ». Selon un rapport de ces organisations, Partner, en exerçant des activités économiques « dans les colonies israéliennes contribuerait à leur viabilité économique et à leur maintien, et aiderait ainsi à perpétuer une situation considérée comme illégale par la communauté internationale ».

« Notre intention est de nous retirer d’Israël »

Orange a alors indiqué qu’il n’était « pas opérateur en Israël », ne détenait « aucune action ou droit de vote de Partner ». Il a expliqué que le contrat de licence existant, permettant à Partner d’utiliser « la marque et l’image d’Orange en échange d’une redevance », avait été « signé par le propriétaire de l’époque, (et) transmis à France Télécom en 2000 lors de l’acquisition de la marque ».

Mercredi, Stéphane Richard, le PDG d’Orange, est allé plus loin en déclarant : « notre intention est de nous retirer d’Israël ». « Cela va prendre du temps [mais] nous allons certainement le faire », a-t-il ajouté en anglais lors d’une conférence de presse au Caire, où il effectue une visite auprès de l’opérateur égyptien Mobinil, dont l’entreprise française est actionnaire à près de 100 %. « Je suis prêt à abandonner demain matin » les liens avec Partner mais « sans exposer Orange à des risques énormes » sur le plan légal ou financier, a précisé Stéphane Richard.

Israël demande des explications

La ministre israélienne adjointe des Affaires étrangères Tzipi Hotovely a écrit au PDG français pour demander des explications. « Je dois avouer avoir été surprise par ces informations, qui ne me semblent pas raisonnables pour une entreprise de la taille d’Orange », écrit-elle en anglais dans une lettre dont l’AFP a eu copie. « Je suis confiante dans le fait que ces informations ne reflètent pas les intentions de votre compagnie. Et vous prie donc de clarifier cette question le plus vite possible », poursuit-elle.

Selon son site internet, Partner Communications Company compte 2,77 millions d’abonnés en Israël, soit une part de marché de 28 %.