La faïencerie historique des émaux de Longwy dépose son bilan

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Logo de la "Faiencerie de Longwy"
Logo de la "Faiencerie de Longwy" — Jean-Christophe Verhaegen AFP

En difficulté financière depuis des années, la faïencerie historique des émaux de Longwy (Meurthe-et-Moselle), fondée en 1798, va déposer le bilan jeudi, a annoncé mercredi à l'AFP le patron de l'entreprise, qui compte 40 salariés.

«Nous allons déposer le bilan demain (jeudi) à 15H00 au tribunal de commerce de Briey», a déclaré Arnold Kostka, dont la famille dirige depuis 1991 la faïencerie, qui fabrique à la main des céramiques colorées à l'émail uniques en leur genre, dont leur âge d'or remonte aux années 1930, aux grandes heures de l'Art Déco.

Début janvier, la faïencerie avait annoncé qu'elle menait des négociations exclusives avec un repreneur potentiel.

Mais les négociations ont échoué et aujourd'hui «on ne peut plus se bercer d'illusions concernant un éventuel chevalier blanc», a déclaré M. Kostka.

«On tombe soit sur des gens avec une surface financière pas assez suffisante pour prendre des risques, ou alors sur des riches qui veulent tout gratuitement», a-t-il regretté.

L'entreprise va devoir prochainement licencier 8 salariés sur 40, a ajouté M. Kostka.

En dépit d'un chiffre d'affaires en hausse d'environ 10% sur l'exercice en cours, clos au 30 juin, la faïencerie reste engluée dans une dette d'environ un million d'euros.

M. Kostka tentait depuis des années de résorber cette dette en faisant appel à plusieurs acteurs publics lorrains, mais les financements n'ont été que partiels et sont arrivés au compte-goutte.

«Dépôt de bilan ne veut pas dire liquidation», a souligné M. Kostka, espérant que le tribunal de commerce accorderait une période d'observation suffisante pour permettre à l'entreprise de se restructurer et d'éponger ses dettes. «Je reste confiant dans l'avenir de la société», a insisté le patron, qui a modernisé les produits et tenté de se tourner davantage vers l'export.

Par ailleurs, la faïencerie n'a pas fermé la porte à une vente éventuelle: «Nous avons encore deux ou trois contacts» avec des personnes intéressées, a précisé M. Kostka.