La Bourse de Paris reste méfiante sur l'évolution du dossier grec

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Gros plan sur la façade du Palais Brongniart, l'ex-Bourse de Paris, en 2013
Gros plan sur la façade du Palais Brongniart, l'ex-Bourse de Paris, en 2013 — Thomas Coex AFP

La Bourse de Paris a terminé en baisse mardi (-0,41%), peinant à y voir clair sur l'état des négociations entre la Grèce et ses créanciers, malgré quelques avancées vers un accord.

L'indice CAC 40 a perdu 20,84 points à 5.004,46 points, dans un volume d'échanges étoffé de 4,4 milliards d'euros. La veille, il avait progressé de 0,35%.

Parmi les autres marchés européens, Francfort a lâché 0,94% et Londres 0,36%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a perdu 0,37%.

Le marché parisien s'est montré très hésitant depuis l'ouverture, perdant pas mal de terrain en fin de matinée sous les 5.000 points, avant de se ressaisir un peu.

«La Grèce dicte la tendance à très court terme et sert de prétexte à une consolidation sur le marché depuis un mois», résume Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.

«Les investisseurs font face à beaucoup d'informations contradictoires qui entraînent de la volatilité. Il semblerait toutefois qu'un accord temporaire se dessine», selon lui.

Un accord permettrait au pays d'obtenir le versement de la dernière tranche des prêts afin d'éviter le défaut de paiement et de rembourser près de 1,6 milliard d'euros au FMI en juin.

La Commission européenne a salué le fait que la Grèce et ses créanciers échangeaient des documents de travail sur les réformes qu'Athènes doit mettre en oeuvre.

Le gouvernement grec a de son côté présenté «la nuit dernière» un plan de réformes «complet» et réaliste, selon le Premier ministre Alexis Tsipras.

En revanche, le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a refroidi l'ambiance en estimant que les progrès dans les discussions étaient «insuffisants».

«Les (marchés) actions ne savent plus si la hausse doit l'emporter ou si attendre une confirmation paraît plus sage», selon le courtier Aurel BGC, pour qui «si l'échange de documents accélère entre Bruxelles et Athènes, c'est vraisemblablement positif».

Les investisseurs ont par ailleurs peu réagi aux indicateurs du jour en zone euro, avec notamment une accélération de l'inflation en mai à 0,3% sur un an.

Les commandes industrielles aux Etats-Unis ont quant à elle reculé en avril, surprenant les analystes.

«Les quelques statistiques qui sont attendues aujourd'hui ne devraient pas suffire à donner une direction ferme au marché», même si l'inflation confirme «l'éloignement du risque de déflation», à la veille d'une réunion de la Banque centrale européenne (BCE), note Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

Parmi les valeurs, les banques ont progressé à contre-courant du marché et malgré les incertitudes sur la Grèce. BNP Paribas a pris 1,24% à 55,53 euros, Crédit Agricole 2,37% à 13,83 euros et Société Générale 1,30% à 42,76 euros.

LVMH (+1,16% à 165,10 euros) a profité d'une recommandation relevée à «acheter» contre «conserver» auparavant par la banque HSBC.

En revanche, Pernod Ricard (-4,85% à 108,85 euros) a fortement reculé après avoir indiqué lors d'une journée dédiée aux investisseurs vouloir revenir d'ici trois à cinq ans à une croissance du chiffre d'affaires entre 4 et 5%, ce qui n'a pas rassuré le marché.

Plusieurs poids lourds de la cote ont tiré le marché parisien vers le bas, à l'image de L'Oréal (-2,28% à 169,65 euros), Lafarge (-1,78% à 62,99 euros), Schneider Electric (-2,22% à 67,24 euros) et Air Liquide (-1,19% à 116,05 euros.

Airbus Group a terminé en légère baisse (-0,50% à 61,51 euros) après l'annonce d'une importante commande de la compagnie américaine Frontier Airlines.

Saint-Gobain a perdu 0,52% à 42,10 euros. Le groupe a pris la majorité de la société vietnamienne Vinh Tuong Industrial (VTI) en portant sa participation de 14,8% à plus de 57%.

Enfin, Neopost a bénéficié (+5,13% à 45,60 euros) d'une note favorable du courtier allemand MainFirst.

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