Royaume-Uni: la City soulagée de la large victoire des conservateurs

Les marchés ont salué vendredi la victoire sans appel des conservateurs ...

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La Bourse de Londres évoluait en hausse après la victoire des conservateurs le 8 mai 2015
La Bourse de Londres évoluait en hausse après la victoire des conservateurs le 8 mai 2015 — Shaun Curry AFP

Les marchés ont salué vendredi la victoire sans appel des conservateurs de David Cameron aux législatives britanniques, attendant la poursuite d'une politique d'austérité et favorable aux entreprises, sans penser pour l'instant au référendum à venir sur l'appartenance à l'UE.

L'indice FTSE-100 des principales valeurs de la Bourse de Londres a clôturé en forte hausse de 2,32%, à 7.046,82 points, avec des secteurs de la banque, de l'immobilier et de l'énergie particulièrement bien orientés.

Les places financières de Paris et Francfort ont progressé même un peu plus, aidées aussi par de bonnes statistiques sur l'emploi outre-Atlantique.

Les investisseurs s'inquiétaient plus que tout d'un résultat incertain au Royaume-Uni, avec la perspective de jours, voire de semaines, de négociations en l'absence de victoire claire d'un des partis, alors que les sondages avaient donné conservateurs et travaillistes au coude-à-coude et sans majorité.

Or, les conservateurs ont emporté la majorité absolue des sièges à la Chambre des communes, permettant à David Cameron de rester Premier ministre.

«Le résultat des élections a été bien accueilli par les marchés actions britanniques et fournissent aux entreprises un cadre politique et législatif stable», a souligné Rory Bateman, chargé des actions européennes chez le gestionnaire de fonds Schroders.

«La fin de l'incertitude et le maintien de quelque chose qui s'approche du statu quo devraient se traduire par un bond à court terme sur le marché britannique, qui fera mieux que ses équivalents européens ou que le reste du monde», ont prévu encore les analystes de Barclays.

Sur le marché des devises, la livre sterling a vigoureusement progressé durant la nuit au gré des sondages de sortie des urnes et des premiers résultats. Elle est montée jusqu'à 1,5523 dollar vendredi à 04H30 GMT contre 1,5262 dollar jeudi à 21H00 GMT, avant de redescendre quelque peu de ce plus haut.

«La livre a bondi à la perspective de cinq années de plus d'un gouvernement pro-entreprises qui cherchera à finir le travail de supervision de la reprise de l'économie du Royaume-Uni», ont commenté les analystes d'Accendo.

Le marché de la dette a accueilli aussi les résultats par une nette détente des taux d'emprunt.

- Un référendum qui inquiète -

David Cameron avait promis la poursuite de sa politique actuelle en cas de réélection, avec encore un peu plus d'austérité pour tenter d'assainir les finances publiques, même s'il n'a pas détaillé d'où viendraient les économies.

«Les Britanniques nous ont demandé de finir le travail commencé il y a cinq ans pour redresser le pays. Nous allons nous remettre tout de suite au travail pour cela», a assuré sur Twitter son Chancelier de l'Échiquier (ministre des Finances), George Osborne, reconduit dans ses fonctions.

Ces résultats interviennent dans une conjoncture favorable pour l'économie britannique: la croissance avait atteint un solide 2,8% l'an dernier et reste dynamique en dépit d'un ralentissement marqué au premier trimestre.

Le chômage a pour sa part chuté et l'inflation zéro favorise le pouvoir d'achat des ménages, même si l'opposition a souligné le recul des revenus réels sur plusieurs années.

«Les entreprises devraient être satisfaites dans l'ensemble du résultat, alors que les conservateurs sont considérés comme plus pro-entreprises que les autres partis», a noté Howard Archer, économiste chez IHS.

A plus long terme, la victoire des conservateurs s'accompagne toutefois d'une inquiétude de taille pour les milieux économiques: la tenue d'un référendum sur le maintien ou non de l'adhésion à l'Union européenne d'ici à fin 2017, qui va constituer «la plus grosse inquiétude pour les marchés ces deux prochaines années», d'après Alan Clarke, économiste chez Scotiabank.

Les entreprises, dont l'activité dépend beaucoup des échanges avec le reste de l'Europe, sont dans leur majorité favorables au maintien dans l'UE et redoutent une période d'incertitude à l'approche de ce scrutin, dont la date exacte reste à fixer.

«Les entreprises veulent la mise en place d'un programme de réformes ambitieux et réaliste qui permettra au Royaume-Uni comme à l'Europe d'être plus compétitifs et prospères», a souligné le directeur général de l'organisation patronale CBI, John Cridland, soulignant que la plupart des firmes britanniques voulaient rester «dans une Union européenne réformée».