Avions de combat: le Koweit s'incline encore une fois pour Boeing

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Un Boeing F/A-18 E/F Super Hornet fait une démonstration de vol le 15 juillet 2014 dans le cadre du Salon aéronautique de Farnborough, en Angleterre
Un Boeing F/A-18 E/F Super Hornet fait une démonstration de vol le 15 juillet 2014 dans le cadre du Salon aéronautique de Farnborough, en Angleterre — CARL COURT AFP

Le Koweït reste une chasse gardée pour l'avionneur américain Boeing dont l'avion de combat F-18 «Super Hornet» vient d'être choisi face à un appareil concurrent proposé par un consortium européen emmené par le britannique BAE Systems.

L'émirat va commander 28 avions de combat F/A-18E/F «Super Hornet» du constructeur aéronautique américain, un contrat estimé à 3 milliards de dollars, selon une source proche du dossier.

Cette nouvelle version de l'avion de combat multirôle Hornet était en compétition avec le «Typhoon Eurofighter» du consortium européen BAE Systems, Airbus Defense and Space (ex-EADS) et l'italien Finmeccanica, a ajouté la source, qui a requis l'anonymat.

Le Koweït a signé une lettre d'intention dans laquelle il s'engage à acheter ces 28 appareils à Boeing, selon elle.

Les négociations pour finaliser cette commande seraient en cours entre le département d'Etat américain et les autorités koweïtiennes.

Une annonce pourrait être faite en marge des discussions entre le président Barack Obama et les six dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG) prévues les 13 et 14 mai à Washington.

Mais cette source s'est voulue prudente expliquant qu'un imprévu de dernière minute, comme c'est souvent le cas dans ce type de contrat, pourrait toujours en retarder la signature. Le CCG réunit l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar, pays inquiets des négociations nucléaires entre Washington et l'Iran.

- Rude concurrence -

Le Typhoon nourrissait des espoirs de faire enfin une percée historique au Koweït, chasse gardée américaine depuis 1991. L'émirat, qui abrite des bases militaires américaines, détient déjà une flotte de F-18 Hornet.

Sollicité par l'AFP, Finnmecannica dont la filiale Alenia Aermacchi assurait la promotion du Typhoon pour le compte du consortium européen au Koweït n'a pas réagi dans l'immédiat.

Selon la presse américaine, le Rafale du groupe français Dassault avait aussi été présenté officieusement aux Koweïtiens. L'avion de chasse français a remporté plusieurs succès récemment au Qatar (24 avions pour 6,3 milliards d'euros), en Inde (36 avions) et en Egypte (24 appareils évalués à 5 milliards d'euros).

Boeing s'est refusé à confirmer ou à infirmer ces informations.

«Nous renvoyons au gouvernement américain pour tout détail concernant des ventes d'avions militaires à un pays étranger», a déclaré à l'AFP Caroline Hutcheson, une porte-parole.

La porte-parole a cependant évoqué «une commande internationale prochaine couplée à un financement de 12 appareils Super Hornet à l'US Navy», la Marine américaine, qui «devrait permettre à l'entreprise de continuer à produire cet appareil sans interruption».

Boeing, qui produit le Super Hornet à Saint-Louis (Missouri, centre), avait prévu de suspendre la production dans cette usine d'ici 2017.

Pour l'avionneur c'est un grand soulagement alors que sa division militaire est affectée par les coupes budgétaires dans les dépenses du Pentagone, son premier client.

D'autant que la compétition s'annonce plus serrée dans la poignée d'autres pays qui doivent faire leur choix d'avions de combat dans les prochains mois pour remplacer leur flotte vieillissante respective: le Canada, le Danemark, la Malaisie ou encore la Belgique.

Outre les européens qui ont affûté leurs armes et rôdé leurs arguments --le Typhoon, le Gripen du groupe suédois SAAB et le Rafale -- l'avionneur américain affronte aussi dans certains cas son compatriote Lockheed Martin et son avion de chasse F-35, le programme d'armement le plus cher de l'histoire du Pentagone, qui monte en puissance en termes de commandes après des années de retards et de surcoûts.

Dans la foulée du ministère américain de la défense, le gouvernement britannique a signé récemment un contrat pour quatre F-35 et la Turquie a passé commande pour quatre exemplaires également.