Air France serait le grand perdant de la vente du Rafale au Qatar

ECONOMIE En contrepartie du gros contrat signé avec le pays du Golfe, l'Etat français aurait dû faire des concessions...

V.P.
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Des avions de Air France, à Roissy, en juin 2013.
Des avions de Air France, à Roissy, en juin 2013. — Jacques Brinon/AP/Sipa

Cela aurait été trop beau pour être si simple... A peine la signature de la vente de 24 Rafale au Qatar a-t-elle été officiellement faite que les premières informations sur les contreparties consenties par l'Etat français circulent. Selon lemonde.fr, l'une des conditions de la vente serait l'obtention de «droits de trafic supplémentaires vers la France pour sa compagnie aérienne, Qatar Airways». Ainsi, «les avions de Qatar Airways, qui desservent déjà Paris, pourront désormais atterrir à Lyon et à Nice, vraisemblablement trois fois par semaine», assure le site Internet.

Et cette condition de vente serait particulièrement dommageable pour Air France. La compagnie peine à se redresser financièrement, notamment après le très long épisode de grève des pilotes de septembre dernier. L'installation de Qatar airways dans des aéroports régionaux en France risquerait «de détourner le trafic vers le hub de Doha, au détriment de Paris».

François Hollande dément

De la part de l'Etat, cette contrepartie semble difficilement compréhensible. Actionnaire d'Air France à hauteur de 16%, il pourrait «avoir créé une jurisprudence, selon le journaliste du Monde. Les Émirats arabes unis, qui sont, eux aussi, intéressés par des avions de combat, pourraient faire la même demande auprès des autorités françaises pour leur compagnie aérienne Etihad.»

François Hollande a démenti ce lundi, juste après la signature, l'existence de ces contreparties. «Il y a des discussions qui sont engagées dans d'autres domaines avec le Qatar, avec d'autres pays pour l'attribution de lignes aériennes, mais ce contrat n'a pas fait l'objet de négociations sur d'autres sujets que l'avion Rafale et des matériels qui doivent l'équiper», a-t-il affirmé.

«Je pense à l'aéroport de Nice, de Lyon, mais ça n'a pas de rapport avec ce que nous faisons ici, a ajouté le chef de l'Etat. Mais il est assez légitime que nous ayons des discussions, des négociations pour que des lignes aériennes puissent être ouvertes en faveur de pays qui permettent aussi d'acheminer un grand nombre de touristes, et nul doute que les villes de Nice et de Lyon sont particulièrement demandeuses de ce type d'attributions.»