Pourquoi la consommation des ménages est en nette augmentation

ACHAT Vêtement, énergie, alimentation, les Français dépensent plus selon l'enquête mensuelle de l'Insee parue ce jeudi. Mais gare à l'excès d'optimisme....

Mathieu Bruckmüller
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Un couple regarde l'intérieur d'une automobile chez un concessionnaire Renault.
Un couple regarde l'intérieur d'une automobile chez un concessionnaire Renault. — MYCHELE DANIAU / AFP

Des chiffres qui crédibilisent encore un peu plus le scénario du retour de la croissance. L’Insee vient d’annoncer, ce jeudi matin, que la consommation des ménages en biens a nettement augmenté (+1,6%) au premier trimestre 2015 par rapport au trimestre précédent, du jamais vu depuis la fin 2009.

«Tous les clignotants sont au vert»

Dans le détail, tous les clignotants sont au vert. La consommation d’énergie a bondi de 4,4%, les achats en textile, habillement et cuir ont progressé de 2,8%, même les dépenses alimentaires ont connu un petit mieux avec +0,1% et même +0,2% au mois de mars.

Ces données viennent confirmer le dernier baromètre Kantar Worl Panel publié début avril qui faisait état d’une progression du moral d’achat des consommateurs dans les enseignes alimentaires, au plus haut depuis la fin 2001.

Le Moral d’Achat est en hausse de 4 points et se retrouve à son meilleur niveau observé depuis fin 2011 http://t.co/TcUtEQ6qlG
— Kantar Worldpanel FR (@KWP_FR) April 10, 2015


«L’envie de dépenser s’améliore et elle concerne maintenant 36% des Français (+2,3 points). Plus d’1 foyer sur 2 se fait plaisir en faisant ses courses de produits courants (+5 points). La perception du pouvoir d’achat s’améliore», relevait Kantar. Un constat en ligne avec la récente prédiction de l’Insee sur une progression du pouvoir d’achat des Français de 1,6% d’ici la fin juin.

«Les Français se projettent un peu plus dans l'avenir»

Autre élément positif dans les chiffres publiés ce jeudi par l’organisme statistique, les dépenses en biens durables (Hi-fi, électroménager…) se sont accélérées de 1,8% entre janvier et mars, tirées notamment par les achats d’automobiles (+2,5%). «Ces chiffres sont très cohérents avec les signaux positifs décelés concernant la confiance des ménages, dont l’indicateur a atteint en avril son plus haut niveau en janvier 2010», explique Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas.

Ce dernier relevait que les ménages n’avaient jamais été aussi nombreux depuis 2007 à considérer comme opportun de faire des achats importants. «Ces achats en biens durables montrent que les consommateurs se projettent un peu plus dans l’avenir, explique Hélène Baudchon. Mais gare à l’emballement».

«La reprise économique en est à ses balbutiements»

La consommation des ménages en biens ne représente que 50% de la consommation totale des ménages. Il faudra attendre le moins prochains pour connaître leur consommation en services. «La reprise économique en est à ses balbutiements. La situation reste difficile», souligne Hélène Baudchon.

Les chiffres records du chômage du mois de mars, publiés lundi, sont venus le rappeler. Et ils devraient encore s’aggraver dans les mois à venir. L’Insee s’attend ainsi à ce que le taux de chômage atteigne 10,2% dans l'Hexagone et 10,6% avec l'Outre-mer d'ici à mi-2015, des niveaux inégalés depuis 1997.

Et au final, la croissance française ne devrait progresser que de 0,4% au premier trimestre selon l'Insee, loin derrière l'Espagne (+0,7%) et l'Allemagne (+0,6%), même si c'est toujours mieux que le +0,1% en moyenne enregistré les trimestres précédents.

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