Allez-vous offrir du muguet pour le 1er mai? Cette tradition séculaire semble en perte de vitesse. Si la population française s’accroît, les ventes stagnent. L’an dernier, les professionnels ont écoulé le jour de la Fête du travail 3,4 millions de brins et de pots, soit autant qu’en 2012, révèle une étude réalisée par FranceAgriMer. Ils ont ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 25,3 millions d’euros.

Mais qui boude la petite fleur à clochettes? Principalement les professions intermédiaires et les cadres supérieurs. A l'inverse, les employés, mais surtout les ouvriers conservent fortement cette tradition d’achat, tout comme les commerçants, les artisans et les chefs d’entreprise, qui se révèlent être de très gros acheteurs de muguet.

Les retraités sont les principaux acheteurs

D'après FranceAgriMer, les brins et les pots sont surtout convoités par les plus de 50 ans et a fortiori par les retraités. Ces derniers ont acheté, en 2014, 45,4% des volumes écoulés. Un chiffre qui ne surprend pas Laurent Devaux, de l’Union nationale des intérêts professionnels horticoles (Uniphor): «Pour les achats dits traditionnels, les fleuristes vendent rarement à une clientèle jeune. Ce n’est pas spécifique au 1er mai, nous l’observons également lors de la Toussaint. Les trentenaires achètent peu de chrysanthèmes… Mais ce n’est pas vrai tout le temps: pour la Saint-Valentin, les jeunes sont très acheteurs!».

Les disparités sont également territoriales. Les régions de Paris et du Sud méditerranéen sont celles où les ventes de muguet sont les plus dynamiques, alors qu’elles sont relativement modérées dans le Sud-Ouest et faibles dans l’Est. Si les fleuristes restent le principal lieu d’achat, les grandes surfaces ne cessent de gagner du terrain, notamment pour les ventes de muguets en pot.

En un an, les supermarchés ont ravi onze points de parts de marché aux boutiques... Sans doute «parce qu’avec la crise, les consommateurs font plus attention à leurs dépenses», estime Laurent Devaux. Mais il tient tout de même à relativiser ces chiffres, qui n’intègrent pas les ventes réalisées sur la voie publique: «Nous n’avons aucune idée des quantités ainsi écoulées, ni du profil des acheteurs. Les conclusions à tirer sont donc limitées».

Les ventes sur la voie publique

Certains estiment en effet que les particuliers et les associations distribueraient ce jour-là deux fois plus de muguet que les professionnels… Car tous les Français ont le droit d'en vendre le 1er mai, à condition de se tenir à plus de 40 mètres d'un fleuriste professionnel ou d'un commerce, de ne vendre que du muguet cueilli dans les bois et de se conformer à la réglementation locale.

Ainsi, à Paris, la vente n'est autorisée que si le brin de muguet est vendu sans ajout de fleurs ou de mise en pot. A Dijon, les brins doivent être distribués à plus de 100 mètres des vendeurs professionnels… Si le code pénal interdit la vente sur la voie publique sans autorisation, «la vente du muguet fait l'objet de la part des autorités locales d'une tolérance admise à titre exceptionnel conformément à une longue tradition», explique la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Le saviez-vous?

Si le muguet est traditionnellement une fleur porte-bonheur, elle est surtout très toxique. Ingérer ses baies, ses feuilles ou sa tige provoque des troubles digestifs ou cardiaques et même, dans certains cas, des arrêts cardiaques.

Mots-clés :