Chômage: Un record de 3,5 millions de demandeurs d’emploi

ECONOMIE 15.400 personnes de plus sont venues s’inscrire à Pôle emploi en mars par rapport à la fin février, soit une hausse de 0,4%...

Mathieu Bruckmüller

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Une femme lors d'un entretien dans une agence de Pôle emploi le 27 août 2014 à Armentières.
Une femme lors d'un entretien dans une agence de Pôle emploi le 27 août 2014 à Armentières. — Philippe Huguen AFP

L’inversion de la courbe du chômage, ce n’est toujours pas pour maintenant. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A (sans aucune activité dans le mois) s’est établi à 3.509.800 en France métropolitaine fin mars 2015, un record, a annoncé le ministère du Travail, ce lundi. 15.400 personnes de plus sont venues s’inscrire à Pôle emploi par rapport à la fin février, soit une hausse de 0,4% sur un mois et de 4,9% sur un an.

5.590. 600 chômeurs en incluant les Dom

En incluant les chômeurs ayant exercé une petite activité, le chômage touche 5.290.500  personnes en France métropolitaine fin mars 2015 et 5.590. 600 en incluant les Dom). Ce nombre augmente de 0,5 %  au mois de mars et de 6,7 % sur les douze derniers mois.

Des jeunes (+0,6% pour les moins de 25 ans) aux seniors (+0,5% pour les 50 ans et plus) en passant par les 25-49 ans (+0,6%), personne n'a été épargné par ces mauvais chiffres du mois de mars.

«Le chômage de masse concerne en France quasi exclusivement les travailleurs peu qualifiés»

Le ministère du Travail relativise

Après une baisse surprise au mois de janvier, pour le second mois de suite, le chômage continue sa progression. «Sur les trois premiers mois de l’année, l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A a avoisiné en moyenne 3 000 chaque mois. Ce rythme de progression est près de quatre fois moins élevé que celui observé en 2014  et le plus faible enregistré depuis début 2011», tempère le ministre du Travail, François Rebsamen. Le début d’année 2015 demeure une phase d’amélioration de la tendance, même si elle ne suffit pas à obtenir, pour le moment, une baisse régulière du nombre de demandeurs d’emploi.»

«Le mauvais résultat de mars est malheureusement assez logique au vu des indicateurs économiques qui ont été récemment publiés. Si la consommation semble reprendre de la vigueur, les signes de reprise sont plus ténus au niveau de l’offre. Au regard du faible taux d’utilisation des capacités de production, les entreprises ne sont pas encore en situation pour embaucher. Les créations d’emploi ne pourront intervenir qu’à partir du moment où les entreprises ne seront plus en sous-production et au moment où elles augmenteront leurs dépenses d’investissement», réagit l'économiste Philippe Crevel.

L'Insee a prévenu que le chômage allait continuer sa progression au moins jusqu'à la mi-2015. Le chef de l'Etat, qui a conditionné son éventuelle candidature pour la présidentielle de 2017 à l'inversion de la courbe du chômage, expliquait la semaine dernière sur Canal+ qu'il «ne veut rien lâcher. Je me battrai pendant les deux années qui me restent pour atteindre l'objectif que j'ai fixé, la baisse du chômage.»