Chômage: François Hollande peut-il encore remporter la bataille de l’emploi?

EMPLOI Les inscriptions à Pôle emploi ont atteint un nouveau record fin mars a annoncé le ministère du Travail ce lundi...  

Mathieu Bruckmüller

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Le président français François Hollande le 21 avril 2015 à L'Haÿ-Les-Roses
Le président français François Hollande le 21 avril 2015 à L'Haÿ-Les-Roses — MIGUEL MEDINA Pool

«Je veux combattre le chômage». Cette phrase de François Hollande était écrite noir sur blanc dans ses «60 engagements pour la France» présentés lors de la campagne présidentielle de 2012. Pourtant trois ans, presque jour pour jour après son arrivée à l’Elysée, la France compte 600.000 chômeurs de plus.

Le compte à rebours est enclenché

Si le chef de l’Etat a jusqu’ici perdu la bataille de l’emploi et en a même assumé l’échec, il espère toujours remporter la guerre. «Je me battrai pendant les deux années qui me restent pour atteindre l'objectif que j'ai fixé, la baisse du chômage», a-t-il confié lors de sa dernière interview télévisée sur Canal+. Pour  François Hollande, qui a répété qu'il ne briguerait pas de second mandat si le chômage ne reculait pas, le compte à rebours est donc enclenché

Or, depuis le début de son mandat, le Président n'a connu que quatre mois de baisse, et jamais deux mois consécutifs. La dernière éclaircie remonte à janvier, mais a fait long feu. Le chômage est immédiatement reparti à la hausse en février. La tendance s'est poursuivie en mars a annoncé ce lundi le ministère du Travail atteignant  un nouveau record de 3.509.800 demandeurs d'emploi sans activité en métropole. L’Insee s’attend ainsi à ce que le taux de chômage atteigne 10,2% dans l'Hexagone et 10,6% avec l'Outre-mer d'ici à mi-2015, des niveaux inégalés depuis 1997.

«L’exécutif s’est trompé»

«L’exécutif s’est trompé dans les mesures à prendre pour relancer l’activité. Il a décidé de baisser les charges des entreprises de 41 milliards d’euros à l’horizon 2017 en demandant aux ménages de les financer en grande partie via des hausses d’impôts. Résultat, depuis trois ans la consommation par habitant a diminué de 0,7%. Comment voulez-vous relancer la croissance en cassant son moteur principal : la consommation des ménages?», diagnostique Eric Heyer, économiste à l’OFCE.  Résultat, la croissance économique n’a été que de 0,4% depuis 2012, insuffisante quand on sait qu’elle doit atteindre 1,5% pour faire baisser le chômage.

Mais l’exécutif a peut-être mangé son pain noir. Des facteurs extérieurs, la baisse de l’euro et des prix du pétrole, «donnent un surplus de pouvoir d’achat aux ménages ce qui devrait les amener à consommer davantage dans les mois qui viennent et un gain de compétitivité pour les entreprises», relève Eric Heyer. Premiers signes encourageants, la confiance des ménages est au plus haut selon les derniers indicateurs de l’Insee et celui des patrons retrouve du tonus.

Spirale vertueuse?

Pour que cette étincelle se transforme en spirale vertueuse, le gouvernement  presse donc les Français d’investir. Et vient de présenter un projet de loi qui vise à simplifier les règles dans les entreprises pour «lever des verrous» à l'embauche.

Les patrons vont-ils faire «foirer» la reprise?

Dans ce contexte, Bercy vise désormais une croissance de 1,5% en 2016 quand l’organisme proche du patronat COE-Rexecode l’envisage à 1,6%. Plus optimiste, Eric Heyer table sur 2,1%. Dans ce contexte,  «François Hollande peut gagner son pari d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin de son mandat. Mais qu’est ce que ça veut dire d’inverser la courbe? Est-ce juste de faire baisser le chômage pendant trois mois de rang ou est-ce que c’est le fait pour François Hollande qu’il y ait moins de chômeurs à la fin de son quinquennat que quand il est arrivé à l’Elysée?», s’interroge l’économiste. Réponse en 2017.