La Bourse de Paris se prépare à une actualité chargée aux Etats-Unis

© 2015 AFP

— 

Vue générale du palais Brogniart, ancienne Bourse de Paris
Vue générale du palais Brogniart, ancienne Bourse de Paris — Didier Pallages AFP

La Bourse de Paris, qui bute sur les 5.200 points, pourrait rester prudente dans les prochains jours en raison de nombreux résultats d'entreprises et d'une actualité chargée aux Etats-Unis avec une réunion de la Fed et les chiffres de croissance.

Sur la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a pris 1,13% pour terminer vendredi à 5.201,45 points. Ses gains depuis le 1er janvier s'établissent à 21,74%.

Le marché parisien est bien orienté mais parvient difficilement à s'installer au-dessus des 5.200 points faute de nouvelle suffisamment rassurante.

«Le CAC 40 a connu des séances avec des écarts assez importants mais malgré tout il progresse sur la semaine. Il a toutefois du mal à tenir les 5.200 points et il faudra des catalyseurs significatifs pour aller plus haut», note Isabelle Enos, directrice adjointe de la gestion chez B*Capital (groupe BNP Paribas).

Une pause serait justifiée alors que «la hausse a été très forte au premier trimestre et les niveaux de valorisation font réfléchir les investisseurs», résume Jean-Louis Mourier, économiste chez le courtier Aurel BGC.

En outre, les opérateurs ont déjà intégré beaucoup de bonnes nouvelles comme l'amélioration du climat économique et le redressement des profits des entreprises, selon lui.

Il reste que «le potentiel de baisse du marché est limité par l'action des banques centrales», avec notamment la Banque centrale européenne (BCE) qui injecte 60 milliards d'euros par mois dans le système financier, rappelle M. Mourier.

La prudence pourrait toutefois dominer d'autant que la semaine qui s'ouvre s'annonce particulièrement chargée en rendez-vous économique aux Etats-Unis et en zone euro.

L'actualité américaine sera particulièrement suivie avec une réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui s'achève mercredi, jour de la publication de la première estimation de la croissance pour le premier trimestre, qui devrait montrer un ralentissement.

Les investisseurs seront à l'affût d'éléments sur le calendrier de la prochaine hausse des taux d'intérêt de la banque centrale américaine.

«Les investisseurs ont considéré que les statistiques mitigées des dernières semaines plaidaient pour une première hausse des taux tardive», ce qui a rassuré les marchés qui redoutent cette échéance, selon M. Mourier.

La Fed semble peu pressé de resserrer sa politique monétaire en raison de quelques vents contraires affectant l'économie américaine, en particulier la hausse du dollar.

Pour autant, elle «a en ligne de mire une remontée des taux et devrait préparer les esprits à cette échéance» et «le consensus table sur le mois de juin ou septembre mais avec des hausses très faibles dans un premier temps», prévient Isabelle Enos.

En zone euro, le marché sera concentré sur les chiffres d'inflation pour avril et le taux de chômage pour mars, alors que la BCE rachète en masse des actifs depuis mars, justement pour soutenir l'économie.

«Il ne faut pas s'emballer sur l'économie en zone euro. Les signes d'amélioration restent fragiles et il faudra des relais qui passent par l'emploi et l'investissement», selon M. Mourier.

Côté politique, la Grèce reste une source de préoccupation même si les investisseurs estiment qu'un accord sera trouvé à temps avec les créanciers internationaux afin de débloquer la prochaine tranche de prêt et éviter un défaut de paiement.

«La Grèce amène de la volatilité de manière récurrente mais on reste sur l'idée qu'un accord sera trouvé», selon Isabelle Enos.

Enfin, la saison des résultats d'entreprises va se poursuivre sur la place parisienne, avec quelques grands noms qui dévoileront leurs comptes pour le premier trimestre, avec Total, Orange, Saint-Gobain, Lafarge, STMicroelectronics et Air France-KLM

Jusqu'à présent, «les publications d'entreprises sont plutôt bonnes, notamment grâce à la baisse de l'euro face au dollar», selon Isabelle Enos pour qui «le marché n'avait peut-être pas anticipé un impact des changes si important».

Renault, Michelin et Publicis en ont notamment profité en Bourse.

En revanche, «cet effet de changes ne corrigera pas les difficultés propres à certains groupes», selon la gérante, à l'image de Kering qui a chuté en raison des difficultés de sa marque Gucci.