HSBC: La direction de la banque sur la sellette, craintes de nouveaux scandales

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Stuart Gulliver, directeur général de HSBC à Londres le 9 mars 2015
Stuart Gulliver, directeur général de HSBC à Londres le 9 mars 2015 — JUSTIN TALLIS AFP

«Monsieur le Président, ne mentez pas s'il vous plaît !». La direction de HSBC s'est retrouvée une fois de plus sur le grill vendredi, cette fois face à ses actionnaires à qui elle a promis de tout faire pour éviter de nouveaux scandales.

Depuis la révélation en février du «SwissLeaks», les dirigeants de la première banque européenne multiplient les séances d'excuses et d'explications pour promettre que, dorénavant, HSBC ne déraperait plus.

Après avoir été cuisinée par les journalistes, en particulier au Royaume-Uni où la banque a son siège, et par les parlementaires britanniques, la direction a dû cette fois rendre des comptes à ses actionnaires, lors d'une assemblée générale annuelle tenue à deux pas de la Chambre des communes à Westminster.

En préambule, le directeur général Stuart Gulliver tente de convaincre que, depuis son arrivée et celle du président Douglas Flint en 2011, HSBC a été «complètement transformée» pour mettre un terme «aux pratiques inacceptables du passé».

Il souligne que 7.000 des 266.000 employés travaillent dans une «équipe de conformité», chargée d'assurer que la myriade d'activités de la banque respecte les normes de régulation.

-Payé 7,6 millions de livres-

Dans le «SwissLeaks», des médias internationaux l'accusent d'avoir fait transiter quelque 180 milliards d'euros de riches clients entre novembre 2006 et mars 2007 sur des comptes en Suisse, afin de leur éviter d'avoir à payer des impôts dans leurs pays respectifs.

La holding du géant britannique vient d'être mise en examen par la justice française, qui lui a infligée une caution d'un milliard d'euros, pour complicité de démarchage illicite et complicité de blanchiment aggravé de fraude fiscale. D'autres enquêtes judiciaires sont ouvertes en Europe, notamment en Belgique, Espagne et Suisse.

Mais le SwissLeaks ne constitue que le dernier écho en date, particulièrement bruyant, d'une série d'affaires qui contraint HSBC à verser l'équivalent de milliards d'euros d'amendes et d'indemnités dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

«Les banques, HSBC et d'autres, payent le prix des scandales et pendant ce temps l'action HSBC ne monte pas ! J'espère que la direction de HSBC en tire les leçons et qu'il y aura moins de scandale», confie à l'AFP Goutam Datta, en marge de la réunion.

Pendant l'assemblée, les questions fusent: La direction est-elle certaine que HSBC n'est impliquée dans aucune affaire d'esclavage ou de prostitution en Thaïlande ? Ne faudrait-il pas créer un indicateur de «coûts des écarts de conduite» ? La banque peut-elle accroître la transparence de ses filiales dans les paradis fiscaux ? Peut-elle garantir une paye décente à ses salariés partout dans le monde ?

La rémunération annuelle de M. Gulliver, 7,6 millions de livres en 2014 (10,6 millions d'euros), et de ses deux principaux adjoints, plus de 4 millions de livres chacun, suscite la grogne. «La paie de ces trois messieurs a-t-elle été évaluée au regard des conséquences de leur politique pour la réputation du groupe ?», demande l'actionnaire Tony Williams.

La majorité vote in fine en faveur de la politique de rémunération des dirigeants, mais près d'un quart d'entre eux se prononce contre.