Les cabines téléphoniques vont disparaître d'ici 2017

TELEPHONIE En échange, les opérateurs devront notamment améliorer la couverture en téléphonie mobile 2G dans 170 communes situées en «zone blanche» non couverte par les réseaux...

M.B.

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Illustration d'une cabine téléphonique à Paris.
Illustration d'une cabine téléphonique à Paris. — BERTRAND GUAY

Toutes les choses ont une fin. Les cabines téléphoniques sont en passe de disparaître du paysage. Le Sénat a adopté, jeudi, un amendement à la loi Macron qui signe leur arrêt de mort progressif.

En échange, les opérateurs devront améliorer la couverture en téléphonie mobile 2G dans 170 communes situées en «zone blanche» non couverte par les réseaux et dans 2.600 autres pour la 3G ou 4G. «Tant que les obligations de couverture ne sont pas garanties, (les opérateurs) ne pourront réduire leurs investissements dans la publiphonie», a expliqué, le ministre de l’Economie  Emmanuel Macron. A ses yeux, la couverture mobile apporte «un service largement enrichi par rapport aux cabines».

Un taux d'utilisation de moins d'une minute par cabine et par jour

Aujourd’hui, sur les quelque 65.000 cabines en place sur le territoire, contre 300.000 en 1997, et gérées par Orange, le taux d'utilisation moyen est de moins d'1 minute par jour, soit moins de 1% de ce qu'il représentait en 2000. Parmi elles, l’opérateur historique exploite un parc d’environ 40.000 cabines au titre du service universel. Le solde étant exploité dans un cadre commercial. Dans le cadre du service universel, Orange doit pour l’instant mettre à disposition une cabine dans chaque commune de moins de 1.000 habitants et deux au-delà.

Un rapport parlementaire publié à l’automne dernier révélait qu’en 2012, déjà 9 cabines sur 10 sur la voie publique, étaient déficitaires, «ce qui signifie qu’elles génèrent un chiffre d’affaires ne permettant pas de couvrir les frais liés à leur maintenance».

Des cabines recylées

Et de préciser que les publiphones, selon une étude datant de 2011, étaient d’abord utilisés par les foyers à faible revenus (inférieur à 1 500 euros nets/mois). Mais même l’association Emmaüs Connect, auditionné par les parlementaires l’an dernier, ne semblait pas s’inquiéter de la disparition des cabines: «les publics précaires n’utilisent plus les cabines téléphoniques mais les taxiphones en milieu urbain ou les téléphones mobiles dans le cadre d’offres prépayées». Selon elle, il serait préférable de favoriser l’accès à des mobiles personnels.

Interrogé par Le Point, Orange prévoit de terminer à la fin de l’année «le démantèlement des cabines situées sur la voie publique, et fin 2016 celles installées sur des sites privés (gares, aéroports, hôtels, aires d'autoroute).» D’après un porte-parole de l’entreprise, les cabines seront ensuite recyclées sauf quelques-unes conservées pour son musée des télécoms.