Matériel informatique: «Les hausses de prix varient de 5% à 15%»

INTERVIEW Emmanuel André, président de la Fédération des revendeurs et prestataires informatiques indépendants, revient sur la hausse des tarifs...

Propos recueillis par Céline Boff

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Plus grandes qu'un téléphone, plus petites qu'un ordinateur, elles étaient présentées comme le summum de la mobilité: pourtant, quatre ans après leur lancement, les tablettes tactiles sont surtout utilisées à la maison, privant de revenus les opérateurs mobiles.
Plus grandes qu'un téléphone, plus petites qu'un ordinateur, elles étaient présentées comme le summum de la mobilité: pourtant, quatre ans après leur lancement, les tablettes tactiles sont surtout utilisées à la maison, privant de revenus les opérateurs mobiles. — Stephane de Sakutin AFP

Des prix qui flambent. D’après Le Figaro, les tarifs des tablettes, des PC et autres smartphones progressent de 5 à 15%. 20 Minutes fait le point avec Emmanuel André, président de la Fédération des revendeurs et prestataires informatiques indépendants.

Quand a commencé la hausse des prix?

Elle a véritablement débuté ce mois d’avril mais ce n’est pas une surprise pour nous. Certains constructeurs nous avaient conseillés courant mars de bien veiller à la date de validité des devis que nous adressons à nos clients, puisque les prix allaient progresser. Selon les matériels, les hausses varient de 5% à 15%.

Cette hausse est-elle déjà observable en rayons?

Pour l’instant, oui. Mais la véritable question est de savoir comment vont réagir les fabricants d’une part et les distributeurs d’autre part. Ces derniers vont-ils chercher à maintenir les mêmes prix en mettant en vente des équipements de moindre qualité? Nous pouvons le redouter.

Quels sont les produits frappés par cette hausse?

Tous, depuis les consommables, c’est-à-dire les cartouches et les toners, jusqu’aux caméras de surveillance, en passant par les tablettes, les PC et les portables. Car tout se négocie en dollars aujourd’hui, même lorsque le fabricant est européen. Par exemple, mon entreprise se fournit notamment auprès d’un constructeur de PC allemand, nous échangeons entre nous en euros, mais lui, il est contraint d’acheter les équipements à assembler en dollars… Nous ne pouvons pas y échapper.

Comment s’explique cette hausse?

Elle est principalement liée à la baisse de la valeur de l’euro par rapport à celle du dollar. Mais peut-être que certains constructeurs, qui viennent de connaître plusieurs années difficiles, ont également décidé de rehausser leurs prix… Je n’en suis pas certain, mais nous nous posons la question.

Les professionnels ne peuvent-ils pas réduire leurs marges?

Dans notre métier, celui de revendeur indépendant de matériel informatique, ce n’est pas envisageable. Nous sommes confrontés à une concurrence féroce, celle des acteurs du e-commerce et des grands distributeurs de type Boulanger ou Fnac, et nous avons déjà du mal à tenir des prix raisonnables… Mais je crois qu’eux aussi sont au plus bas de ce qu’ils peuvent supporter dans ce domaine.

Si un particulier a un projet d’acquisition d’équipement informatique, lui conseillez-vous d’acheter dès à présent ou au contraire d’attendre?

Je vous mentirai si je répondais à cette question… Nous ne pouvons pas lire l’avenir, personne ne sait si la hausse des prix va s’amplifier dans les mois à venir, si les tarifs vont rester aux mêmes niveaux ou s’ils vont baisser… Je pense tout de même que la situation va s’installer. En tout cas, nous étions ces dernières années sur un marché dont la tendance était à la baisse des prix, et ce temps semble révolu.

Etes-vous inquiet?

Non, pas particulièrement. De toute façon, nous n’avons pas le choix: nous sommes tous mis devant le fait accompli. Reste à savoir ce que chacun va décider. Ce qui est certain, c’est que nous, revendeurs indépendants, nous préférons vendre de la qualité plutôt qu’un prix. Autrement dit, nous allons répercuter la hausse des prix pour continuer à proposer des produits avec de bonnes performances. Et si la progression est forte, 30 euros sur un produit qui en vaut 400, ce n’est pas non plus délirant.