Ça sent la fin pour Wolfowitz

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Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, accusé de népotisme, a imploré mardi la clémence du conseil d'administration, qui menace de le destituer, et promis de changer ses méthodes de gestion.
Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, accusé de népotisme, a imploré mardi la clémence du conseil d'administration, qui menace de le destituer, et promis de changer ses méthodes de gestion. — Win McNamee AFP/Getty Images

Le président de la Banque mondiale Paul Wolfowitz, accusé de népotisme, pourrait démissionner dès mercredi aux termes d'un accord lui permettant de sauver la face, a affirmé la chaîne de télévision américaine ABC, citant des responsables de l'institution multilatérale.

A genoux

Mardi, le président de la Banque mondiale Paul Wolfowitz a «imploré» le Conseil d'administration de l'institution de le garder à son poste et a promis d'effectuer des changements dans ses méthodes de direction, selon le texte de son audition communiqué par son avocat.

«J'implore chacun de vous d'être équitable en prenant votre décision car celle-ci affectera non seulement ma vie mais elle affectera aussi la manière dont l'institution est considérée aux Etats-Unis et dans le monde», a déclaré Paul Wolfowitz devant les administrateurs réunis pour discuter des accusations de népotisme portées contre lui.

«J'ai peur que la façon dont l'enquête en cours est menée puisse porter un encore plus grand tort à long terme à l'institution que les prétendues accusations de manquement à l'éthique qui ont été, dans la réalité, résolues il y a plus d'un an.»

Accord «raisonnable»

Paul Wolfowitz, qui préside la Banque depuis juin 2005, a reconnu qu'il s'était trop appuyé sur ses conseillers personnels et a promis d'apporter des changements dans ses méthodes de gestion.

Il a aussi réaffirmé que les augmentations de salaire accordées à sa demande à sa compagne Shaha Riza, également salariée de la Banque mondiale, faisaient partie d'un accord «raisonnable».

Suite mercredi

Le président de la Banque mondiale a démonté point par point les conclusions du comité ad hoc publiées lundi et qui affirme qu'il a violé les règles d'éthiques de la Banque en accordant des augmentations de salaire et des promotions à sa compagne.

Dans ce document, des administrateurs désignés pour examiner les faits ont conclu que Paul Wolfowitz avait enfreint les termes de son contrat de travail, le code de conduite de l'institution et trois des règles s'appliquant au personnel.

Possible démission

«Mon attitude s'agissant de la mise à disposition de Mme Riza ne justifie pas que des actions soient prises contre moi ou aboutisse à la conclusion que vous n'avez pas confiance dans ma direction», a-t-il ajouté, suggérant implicitement au conseil de ne pas aller jusqu'à se prononcer par un vote sur sa destitution.

Le conseil d'administration de la Banque mondiale se réunira de nouveau mercredi. Selon le «New York Times», la Maison Blanche envisage maintenant la démission de Paul Wolfowitz, si le conseil maintient ses accusations.