Bourse: «Le contexte est favorable pour le CAC 40 sur les deux ans à venir»

INTERVIEW L'indice phare de la Bourse de Paris a grimpé de plus de 20% depuis le 1er janvier. «20 Minutes» fait le point avec l'économiste Philippe Crevel...

Propos recueillis par Mathieu Bruckmüller

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L'ancienne Bourse au Palais Brongniart à Paris
L'ancienne Bourse au Palais Brongniart à Paris — Thomas Coex AFP

Un départ canon. Depuis le 1er janvier, l'indice CAC 40 affole les compteurs en gagnant 20% depuis le 1er janvier?

Comment expliquer cette flambée? Est-elle durable? Sur quelles actions miser? 20 Minutes fait le point avec l'économiste Philippe Crevel qui dirige notamment le Cercle de l'Epargne.

Le CAC 40 grimpe de plus de 20% depuis le début de l'année. Pourquoi?

C’est en effet la deuxième progression la plus rapide depuis la création de l’indice CAC 40 en 1987. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer ce très bon début d’année. Le rôle clef est à attribuer au vaste programme d'achats de dettes publiques et privées de 61 milliards d’euros par mois, aussi connu sous son acronyme anglais QE (quantitative easing), lancé par la Banque centrale européenne (BCE). Cette injection de liquidités qui finance en partie l’endettement des Etats incite les épargnants à se diriger vers d’autres supports qui rapportent plus comme les marchés boursiers et notamment les actions de la Bourse de Paris. C’est un effet mécanique. Dans chaque pays où il y a eu un QE comme en Angleterre au Japon ou aux Etats-Unis, la Bourse a progressé.

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Quelles sont les autres raisons expliquant cette hausse?

Citons la baisse de l’euro qui a chuté de 20% en un an face au dollar. Pour les investisseurs étrangers, les actions européennes sont de facto beaucoup moins chères donc ils viennent faire leurs emplettes chez nous. Par ailleurs, les investisseurs se disent qu’avec la baisse de l’euro, la baisse des cours des cours du pétrole et le QE, la croissance va finir par repartir et donc que les résultats des entreprises vont s’améliorer et qu’elles verseront plus de dividendes à leurs actionnaires. C’est donc un cercle vertueux qui s’est mis en place.

Est-ce qu’il  est encore temps de profiter de la hausse de la Bourse de Paris?

Il faut savoir que le marché est très volatil car il y a beaucoup d’argent sur la table. Depuis un an par exemple, les oligarques russes en raison de la détérioration de la situation économique ont sorti 50 milliards de dollars de leur pays pour les placer sur les marchés occidentaux. A cela s’ajoutent les excédents de la Chine, de l’Allemagne et des pays producteurs de pétrole qui cherchent à placer leurs mises sur des marchés porteurs comme le CAC 40. Dans ce contexte, il n’est pas impossible qu’il y ait de brusques variations de l’indice de 5 à 10%. Un accident n’est pas à écarter. Malgré tout, sur les deux ans à venir le contexte est favorable.

Sur quels secteurs, est-il préférable de miser?

En Bourse, il faut toujours jouer le coup d’après. Par exemple, si vous avez un peu de temps devant vous, 24 mois environ, le secteur de l’énergie est une belle opportunité avec des titres comme Total. Dans la mesure où les cours du brut ont beaucoup baissé ses derniers mois, les actions des entreprises du secteur ont été affectées. Et puisque la croissance économique est sur le point de repartir dans les pays occidentaux, la demande en énergie va augmenter. Même raisonnement pour le secteur de la consommation qui devrait profiter de la reprise de l’activité et donc être bénéfique pour Carrefour ou encore Casino.

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