Swissleaks: La holding de HSBC mise en examen en France

JUSTICE Une caution d'un milliard d'euros est demandée...

C.B. avec AFP
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Photo d'illustration HSBC
Photo d'illustration HSBC — Philippe Huguen AFP

Deux mois après la mise au jour de l’affaire SwissLeaks par un consortium de journaux dont Le Monde, la justice française réagit. Elle a mis en examen la banque HSBC, notamment pour complicité de blanchiment de fraude fiscale. Annoncée par la banque, cette mise en examen est assortie d'une caution d'un milliard d'euros, proche de la somme record imposée à la banque suisse UBS dans un autre dossier (1,1 milliard d'euros).

HSBC a réagi dans un communiqué transmis à l'AFP. Elle «considère que la décision des magistrats est infondée, et que le cautionnement est injustifié et d'un montant démesuré. Elle entend interjeter appel de cette décision et se défendra vigoureusement dans toute future procédure.»

Données bancaires de plus de 100.000 clients

Grâce aux données soustraites par Hervé Falciani, informaticien et ex-employé de la banque HSBC à Genève, les médias révélaient début février qu'entre 2005 et 2007, 180 milliards auraient transité par la Suisse où les têtes couronnées et vedettes cachaient leurs économies.

Le Monde avait eu accès aux données bancaires de plus de 100.000 clients, et mis les informations à la disposition du Consortium des journalistes d'investigation (ICIJ) à Washington, qui les a partagées avec plus de 50 autres médias internationaux, dont le Guardian au Royaume Uni ou la Süddeutsche Zeitung en Allemagne.

Les données, analysées par quelque 154 journalistes, portent sur la période allant de 2005 et 2007. Les milliards étaient cachés entre autres derrière des structures offshore au Panama et dans les îles vierges britanniques.

Du chirurgien aux princes et ministres

Les données analysées font ressortir des profils très disparates, allant du chirurgien français venu placer ses honoraires non déclarés en Suisse aux têtes couronnées. Parmi les noms cités dans les différents médias figurent notamment le roi du Maroc Mohammed VI ou le roi de Jordanie Abdallah II. 

S'y ajoutent de nombreuses personnalités de la mode telle que le mannequin Elle McPherson ou la créatrice Diane von Fürstenberg, du spectacle à l'instar de l'actrice Joan Collins ou encore du sport comme le motard Valentino Rossi ou Michael Schumacher.

Gad Elmaleh, Jacques Dessange et bien d'autres

La France n'est pas en reste. Certaines personnalités du showbiz, mais aussi du football et du monde entrepreneurial sont épinglées. Le Monde cite l'humoriste Gad Elmaleh, qui disposait, d'après le journal, d'un compte faiblement approvisionné à Genève, avec un peu plus de 80.000 euros entre 2006 et 2007. Selon les informations du journal, il aurait régularisé sa situation auprès du fisc français.

Il mentionne ensuite Jacques Dessange, fondateur d'un empire de la coiffure, qui possédait un compte dans la filiale suisse de HSBC sur lequel il aurait eu jusqu'à 1,6 million d'euros entre 2006 et 2007, selon les fichiers auxquels le journal a eu accès. Lui aussi fait partie des clients qui ont depuis régularisé leur situation et s'est acquitté d'une amende, précise Le Monde.