Le gouvernement français a fait pression pour que Forgeard ait un «golden parachute»

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Le ministre de l'Economie Thierry Breton s'est défendu jeudi de toute intervention dans la négociation du montant des indemnités de départ de Noël Forgeard du groupe EADS, alors que les candidats à la présidentielle se sont saisis de la polémique.
Le ministre de l'Economie Thierry Breton s'est défendu jeudi de toute intervention dans la négociation du montant des indemnités de départ de Noël Forgeard du groupe EADS, alors que les candidats à la présidentielle se sont saisis de la polémique. — Eric Piermont AFP/Archives

Le gouvernement français a fait pression pour que l'ex-coprésident exécutif d'EADS, Noël Forgeard, puisse quitter le groupe en empochant des indemnités de plus de 8 millions d'euros, affirme Thomas Enders, le co-président allemand d'EADS, dans une interview à la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ).

«Tordu le bras»

«Le gouvernement français nous a d'une certaine façon tordu le bras». Le conseil d'administration a certes accepté que Noël Forgeard quitte le groupe avec les indemnités prévues dans son contrat de travail, «mais sous la pression du gouvernement français».

Les membres allemands du conseil d'administration ont indiqué dans une note au bas du document entérinant les indemnités que ces dernières avaient été établies telles quelles sur le souhait du gouvernement français, poursuit-il.

Camouflet à Breton

En avril, le ministre de l'Economie Thierry Breton s'était vigoureusement défendu de toute intervention dans la négociation du montant des indemnités de départ de Noël Forgeard, après des articles de presse dans ce sens.

«Je n'ai parlé de la question du montant d'une quelconque indemnité de Noël Forgeard avec aucun des administrateurs d'EADS, ne fut-ce qu'une seule seconde, et je mets au défi n'importe lequel des administrateurs de vous dire le contraire», avait lancé Thierry Breton.

«Une question d'éthique»

Le 20 avril dernier, Nicolas Sarkozy, président français élu, avait invité Noël Forgeard à rendre ses indemnités, en estimant qu'il s'agit d'«une question d'éthique».

Airbus, filiale d'EADS, se débat dans une crise sans précédent liée aux retards de production de son avion géant A380. 10.000 suppressions d'emploi sont prévues chez l'avionneur et ses sous-traitants, pour redresser les comptes.