Autoroutes: Les tarifs des péages n'augmenteront pas en 2015 et il n'y aura pas de rattrapages en 2016

TRANSPORT Manuel Valls annonce également 500 millions d'investissements supplémentaires dans les infrastructures et les projets de transports...

C.B.

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Manuel Valls à Bruxelles, le 18 mars 2015
Manuel Valls à Bruxelles, le 18 mars 2015 — Frederic Sierakowski/ISOP/SIPA

Le gel est décrété. Le Premier ministre Manuel Valls l’assure ce mercredi: les tarifs des péages autoroutiers n’augmenteront pas en 2015. Il annonce également «500 millions d'investissements supplémentaires dans les infrastructures et les projets de transports, dont 300 millions à l'Afitf (agence de financement des infrastructures de transport de France) sur trois ans».

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a précisé que ce gel des tarifs ne serait pas rattrapé en 2016. Les sociétés concessionnaires d'autoroutes «sont appelées à contribuer d'une part pour protéger les consommateurs, c'est-à-dire les automobilistes, en renonçant à la hausse des tarifs pour l'année 2015, sans rattrapage pour l'année prochaine», a souligné Ségolène Royal, interrogée par le député (UDI) Bertrand Pancher à l'Assemblée nationale.

Royal et Valls au diapason

Le 27 janvier, Valls avait déjà annoncé la décision du gouvernement de suspendre la hausse des péages autoroutiers de 0,57% prévue le 1er février. Mais il ne s’agissait que d’un gel provisoire, dans l’attente des conclusions d’un rapport parlementaire.

D’après la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, cette décision était destinée à «rendre aux automobilistes un peu de justice et d'équité tarifaire». Les concessionnaires n’avaient pas apprécié la décision et avaient annoncé dans la foulée le lancement d'une procédure contre l'Etat, estimant que la suspension de la hausse des péages autoroutiers était une «décision unilatérale qui décrédibilise de façon durable la signature de l'État pour les contrats de partenariat public-privé».

L'Association des sociétés françaises d’autoroutes (Asfa) avait également dénoncé le fait d'avoir appris «par la presse, au mépris des règles de communication financière imposées par l'Autorité des marchés financiers, la décision de geler l'augmentation contractuelle des tarifs prévue le 1er février prochain, destinée à compenser des investissements (que les concessionnaires) engagent à la demande de l'État, ainsi que des taxes perçues sur les usagers».

«Le groupe de travail a (...) servi au mieux de parodie de consultation»

Le rapport que le gouvernement attendait avant de se prononcer lui a été remis le 10 mars par les parlementaires. Ces derniers préconisaient notamment la fin du gel des tarifs autoroutiers. Mais la veille, Jean-Paul Chanteguet, député socialiste de l'Indre, qui avait joué un rôle de premier plan dans le bras de fer entre l'Etat et les sociétés d'autoroutes, annonçait sa démission de ce groupe de travail.

«Le groupe de travail a (...) servi au mieux de parodie de consultation, au pire de moyen d'instrumentaliser les parlementaires, afin d'obtenir des Sociétés concessionnaires d'autoroutes (SCA) quelques concessions marginales, sur lesquelles le gouvernement puisse communiquer en direction des citoyens, en leur faisant croire qu'en l'absence d'alternative crédible, il avait obtenu le maximum».

«Pour ma part, je refuse d'avaliser plus avant cette mise en scène et met un terme à ma participation à ce groupe de travail, dont les travaux, consciencieusement organisés et orientés, ont eu pour objectif de montrer, que de rente il n'y avait pas et que l'idée de la résiliation était irréaliste, pour ne pas dire irresponsable», expliquait-il.

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