Finance islamique: Le FMI souhaite davantage de régulation

BANQUES Pour le Fonds monétaire international, ce secteur peu contrôlé manque d'harmonisation...

20 Minutes avec AFP
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Illustration de la banque islamique de Dubaï.
Illustration de la banque islamique de Dubaï. — Kamran Jebreili/AP/Sipa

La finance islamique, qui connaît une croissance très rapide, doit être plus régulée et mieux harmonisée pour poursuivre son développement, a estimé lundi le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport. Ce type de finance, qui respecte la loi islamique (charia), interdit notamment la spéculation, le recours au taux d'intérêt, qui est assimilé à l'usure, les produits ayant une incertitude excessive ou les investissements considérés comme nuisibles à la société.

Selon le FMI, ce secteur, actuellement régi par des règles issues majoritairement de la finance traditionnelle, nécessite un cadre régulateur et des structures de contrôle répondant à ses risques spécifiques. Le gendarme financier international souligne le «besoin de davantage d'harmonisation et de clarté dans la régulation, d'une plus grande coopération entre les personnes chargées d'établir les normes dans la finance islamique et conventionnelle, et d'une amélioration des outils pour une supervision effective».

Moins de 2% des avoirs totaux des banques

La finance islamique est un secteur relativement récent, qui pâtit d'un manque d'économies d'échelle. En outre, elle opère dans un environnement où les lois et la fiscalité, les infrastructures financières et l'accès à des filets de sécurité financiers et aux liquidités de la Banque centrale sont soit absents, soit inadaptés à ses caractéristiques, note le FMI.

Le poids de ce secteur a doublé en quatre ans, représentant désormais 2.000 milliards de dollars (1800 milliards d'euros), alors que la demande pour ces produits augmente rapidement. Quelque 40 millions des 1,6 milliards de musulmans dans le monde sont aujourd'hui clients de la finance islamique, qui n'était qu'un marché de niche au tout début des années 1970. Néanmoins, elle ne représente encore que moins de 2% des avoirs totaux des banques, estimés à 140.000 milliards.

Un potentiel encore inexploité

Bien que les organismes de régulation islamiques aient mis au point un certain nombre de normes, on est encore loin d'un fonctionnement harmonisé en raison des divergences dans l'interprétation des textes religieux et d'une application limitée des règles. Le FMI met néanmoins en avant le potentiel de la finance islamique dans l'économie mondiale, en soulignant le soutien qu'elle pourrait apporter aux petites et moyennes entreprises, de même que son rôle potentiel en termes d'investissements dans les infrastructures publiques, via les bons islamiques («sukuk»).

Selon l'institution financière internationale, le fait qu'elle interdise la spéculation et prône un système de partage des risques laisse suggérer qu'elle pose un risque moindre que la finance conventionnelle. Elle pourrait ainsi promouvoir la stabilité sur le plan macroéconomique et financier.