La croissance est de retour, mais le chômage continue sa progression

ECONOMIE L'insee prévoit une croissance du produit intérieur brut français de 0,4% au premier trimestre et de 0,3% au deuxième trimestre...

20 Minutes avec AFP

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 Visite de Benoit Hamon Ministre delegue a l'economie sociale et solidaire dans un Franprix ou un systeme de Micro-don l'Arrondi est mis en place.
Visite de Benoit Hamon Ministre delegue a l'economie sociale et solidaire dans un Franprix ou un systeme de Micro-don l'Arrondi est mis en place. — A. Gelebart/20 Minutes/SIPA

La reprise est (un peu) là, la baisse du chômage pas. L'Insee prévoit une reprise de l'activité économique lors de la première moitié de l'année 2015, mais elle sera encore insuffisante pour enrayer la hausse du chômage ou provoquer le «déclic» de l'investissement des entreprises tant attendu par le gouvernement.

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La croissance revue à la hausse

Dans sa note de conjoncture publiée jeudi, l'Institut national de la statistique et des études économiques prévoit une croissance du produit intérieur brut français de 0,4% au premier trimestre et de 0,3% au deuxième trimestre.

Ces prévisions, qui assurent à la France un acquis de croissance (croissance annuelle s'il n'y a pas de variation les deux trimestres suivants) de 0,8%, confortent la position du gouvernement qui prévoit 1% sur l'année mais qui espère aussi aller au-delà. De plus, si le scénario conjoncturel de l'Insee se réalise, le produit intérieur brut (PIB) à mi-2015 aura crû de 1,1% par rapport à mi-2014. «Le 1% pour l'année 2015, perçu par beaucoup comme irréaliste il y a quelques mois, apparaît aujourd'hui comme un plancher», a commenté le ministre des Finances Michel Sapin, devant la presse, rappelant que «l'objectif est de faire plus».

Le chômage continue d'augmenter

Cependant, si les chiffres remontent, deux nuages très noirs hypothèquent encore la reprise: d'une part le taux de chômage va encore augmenter selon l'Insee, d'autre part la confiance des entrepreneurs ne revient pas puisque leurs investissements resteront «atones» au premier semestre, malgré un «net redressement» du taux de marge des entreprises. Le taux de chômage, qui a atteint la barre des 10% de la population active fin 2014, devrait ainsi continuer à augmenter jusqu'à 10,2% en métropole mi-2015, retrouvant un niveau inégalé depuis près de 20 ans, fin 1997. Les économistes et le gouvernement estiment qu'il faut au moins 1,5% de croissance pour faire baisser le chômage.

«On s'attend à une légère augmentation de l'emploi total, de l'ordre de 20.000 emplois. Mais la population active augmente d'environ 60.000 personnes, donc on observera une hausse du taux de chômage, sur le même rythme que les trimestres précédents», a expliqué Vladimir Passeron, chef du département conjoncture de l'Insee, lors d'une conférence de presse jeudi.

Parallèlement, si les perspectives d'investissements dans l'industrie augmentent légèrement, celles des services grèvent la prévision (0,0% en moyenne au premier trimestre, 0,1% au deuxième). Le gouvernement doit annoncer de nouvelles mesures pour inciter les entreprises à investir et, pour l'Insee, «les conditions sont réunies» pour une reprise de l'investissement.