L'OCDE demande à la France de réformer son marché du travail

ECONOMIE L'organisme s'attaque notamment au CDI...

T.L.G.

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Le siège de l'OCDE à Paris, le 29 mai 2013
Le siège de l'OCDE à Paris, le 29 mai 2013 — Eric Piermont AFP

L'OCDE a adressé ses recommandations à la France pour restaurer la croissance, ce jeudi. Un redressement «délicat» à obtenir, qui viendra si les efforts du gouvernement sont «intensifiés». L'OCDE évalue la croissance de la France à 1,1% cette année, puis 1,7% en 2016, et prévient que ce lent redémarrage «limiterait les perspectives d'emploi» tandis que le taux de chômage «ne baisserait que faiblement», douchant ainsi les espoirs du gouvernement.

Quelques bons points

La réforme du marché du travail est le «défi le plus important» pour «promouvoir la création d’emploi» et une «condition nécessaire pour redresser la compétitivité et la croissance», indique l’organisation. L’OCDE reconnait l’efficacité de certaines réformes en cours, «le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE)» et le «Pacte de responsabilité et de solidarité», permettront une baisse du coût du travail d’environ 30 milliards d’euros en 2017, soit 1.5 point du PIB. Elle ajoute que «la simplification en 2013 des procédures de licenciements collectifs pour les entreprises en difficultés économiques est clairement un pas dans le bon sens».

Mais elle souhaite que le gouvernement aille plus loin pour lutter contre «le faible taux d’emploi des jeunes et des seniors (60 ans et plus)» et «l’important chômage de longue durée» qui «creusent les inégalités, mais pèsent aussi sur la croissance économique effective et potentielle».

La réforme doit donc s’atteler à améliorer les incitations au travail, à poursuivre la réduction du coût du travail et à repenser certains aspects de sa protection, ainsi qu’à développer les qualifications de la main-d’œuvre et sa capacité d’insertion.

CDI, «frein à la mobilité»

Première piste évoquée, la réforme du CDI. «La protection accordée aux salariés en CDI est un frein à la mobilité malgré les avancées permises par les réformes des procédures de licenciements collectifs et la mise en place de la procédure de rupture conventionnelle». Une piste défendue par le patronat, mais rejetée par la plupart des syndicats.

«Pour réduire le dualisme du marché de travail, il faudrait simplifier et raccourcir les procédures de licenciement, en particulier pour les CDI» indique l’OCDE, et assurer «une bonne protection des revenus entre deux emplois». Autre solution évoquée, la mise en place d’un «contrat unique avec les mêmes coûts et les mêmes procédures de résiliation applicables à tous les contrats. De tels contrats seraient de durée indéterminée, en contrepartie de quoi les licenciements seraient facilités avec des indemnités calculées selon l’ancienneté, comme actuellement pour les CDI».

Baisser les coûts de main-d’œuvre, éviter les augmentations

L'OCDE appelle également à diminuer les «coûts de main-d’œuvre prélevés sous forme d'impôts et de cotisations sociales», et à éviter les «augmentations discrétionnaires du salaire minimum».

L'organisation est également favorable à une réforme de l'assurance-chômage, à la fois dans la durée des allocations et dans leur «conditionnalité à la recherche active d'un emploi ou d'une formation».

Des solutions qui seront probablement débattues lors de la conférence gouvernement-patronat-syndicats dédiée à l'emploi dans les petites et moyennes entreprises (PME) prévue en juin.