Télécom: Que recherchent les enquêteurs chez SFR et Numericable?

TELECOM L'Autorité de la concurrence a placé jeudi sous scellés des bureaux aux sièges des deux opérateurs téléphoniques qui ont récemment fusionné…

C.P.
Les dirigeants de SFR et Numericable lors d'une conférence de presse le 7 avril 2014.
Les dirigeants de SFR et Numericable lors d'une conférence de presse le 7 avril 2014. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Des visites, des saisies et des scellés. Depuis ce jeudi 10h, des équipes de l’Autorité de la concurrence interviennent simultanément au siège de SFR à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et celui de Numericable à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne).

Interrogée par l'AFP, l'Autorité de la concurrence a reconnu «avoir mené des opérations de visite et de saisie dans le secteur des télécoms», sans faire plus de commentaires.

Selon les photos et  informations transmises à 20 Minutes par le syndicat SMILE («1er syndicat indépendant du groupe SFR-Numericable), des bureaux ont été placés sous scellés et cette «intervention devrait durer au moins toute la journée». 

Photo des scellés posés le 2 avril 2015 par l'Autorité de la concurrence au siège de Numericable SFR à Saint-Denis. - syndicat SMILE

 

 

Photo des scellés posés le 2 avril 2015 par l'Autorité de la concurrence au siège de Numericable SFR à Saint-Denis. - syndicat SMILE

Saisies au «Comex»et au service marketing

«Les bureaux des membres du comité exécutif sont sous scellés, leurs ordinateurs ont été saisis et les téléphones portables confisqués», confirme à 20 Minutes un représentant syndical CFDT de SFR. «Les enquêteurs sont ensuite descendus dans les strates hiérchiques et les étages, notamment dans les services marketing qui travaillaient au développement de certains produits. Les disques durs ont également été saisis », poursuit-il, indiquant toutefois que les «salariés continuaient de travailler normalement».

Dans un message interne, la direction du groupe Numericable-SFR avait indiqué dans la matinée qu'«afin de s'assurer du respect des conditions de rachat de SFR par Numericable Group, l'Autorité de la concurrence mène actuellement une enquête». «On imagine que l’Autorité soupçonne des irrégularités mais nous n’avons pas eu d’informations supplémentaires de la part de la direction», confirme le délégué CFDT.

Une stratégie commerciale déployée très tôt?

Selon des sources proches du dossier citées par l’AFP et Les Echos, ces opérations feraient suite à une plainte déposée en novembre 2014 par l'opérateur Bouygues Telecom, candidat malheureux au rachat de SFR. Selon Les Echos, les concurrents du nouveau groupe fusionné, Orange, Bouygues et Free Télécom «auraient alors fait part de leurs soupçons sur une mise en œuvre anticipée de la fusion Numericable-SFR. En clair, Numericable et SFR auraient déployé des stratégies commerciales avant d'avoir reçu l’autorisation de l’Autorité de la concurrence pour fusionner.»

Pour l’autorité de la concurrence, il s'agit donc de s'assurer que SFR et Numericable n'avaient pas commencé leur opération de fusion des deux entités avant son feu vert obtenu le 27 octobre 2014. Dans la ligne de mire, notamment, la nouvelle «Box TV Fibre» annoncée quelques jours avant la validation de leur mariage.

Selon Le Monde, si les faits sont avérés, le nouvel opérateur pourrait être condamné à payer une amende pouvant aller jusqu’à 5% de son chiffre d’affaires, soit plus de 500 millions d’euros. En revanche, la fusion des deux groupes ne devrait pas être remise en cause.